Élections législatives : Quelles conséquences pour les marchés ?

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Les marchés financiers n’ont pas connu une grosse baisse ce lundi après le deuxième tour des législatives. Cependant, de nombreuses incertitudes entourent les marchés notamment sur la composition du prochain gouvernement qui n’a pas encore été dévoilé.

L’issue des élections législatives maintient le doute du côté des marchés financiers. En effet, après le deuxième tour, ce dimanche 7 juillet, aucun des partis politiques engagé n’a réussi à obtenir la majorité absolue. Par conséquent, que ce soit le Nouveau Front Populaire (NFP), Ensemble, ou le Rassemblement National ne pourra vraiment appliquer son programme. Avec pour conséquence, une ouverture ce lundi matin du CAC 40 en baisse. L’indice a fluctué tout au long de la journée pour au final terminer à 3,17%, son plus bas niveau depuis le 26 juin dernier. Cependant, la baisse a été beaucoup moins violente que lors des élections européennes. Notamment, parce que les marchés avaient anticipé le fait qu’il serait très peu probable que l’un des partis politiques obtienne la majorité absolue. Surtout, les scénarios les plus redoutés comme une majorité pour les extrêmes ont été évités. Cette absence de majorité va sans doute conduire à “une paralysie politique pour les 12 prochains mois qui semble être l’issue la plus probable” ont réagi les experts de la Deutsche Bank.

Le NFP en tête, une petite surprise

Malgré tout, les marchés ne s’attendaient pas spécialement à une percée aussi importante du Nouveau Front Populaire (182 sièges). “Cette poussée de la gauche n’était pas particulièrement anticipée. Ou du moins pas autant. Ce qui n’est pas un très bon message étant donné que le programme du Nouveau Front Populaire n’est pas très orienté vers les baisses de dépenses et qui a un positionnement économique plus déstabilisateur pour les finances publiques”, confie Axel Champeil, président de BPFT (Bordeaux Place Financière et Tertiaire). “Ce serait par ailleurs probablement le pire scénario, si Jean-Luc Mélenchon venait à être nommé Premier ministre.”

L’autre surprise des résultats, c’est la résistance d’Ensemble. En effet, l’ex-majorité présidentielle qui était pourtant distancée dans les sondages, termine finalement derrière le NFP, mais devant le Rassemblement National. Une résistance qui soulage un peu les investisseurs étant donné la position plus pro-business d’Ensemble que ses concurrents. “C’est plutôt positif parce qu’ils vont pouvoir peser dans l’Assemblée et dans le futur gouvernement pour essayer de maintenir les réformes qui ont été mises en place. Au contraire des membres de l’opposition qui souhaitent revenir sur un certain nombre de réformes comme celle des retraites, celle de l’assurance-chômage. C’est également un bon point, car Ensemble a plus d’homogénéité que le NFP”, poursuit Axel Champeil. En effet, même si le NFP est arrivé en tête, l’alliance au sein du mouvement reste assez fragile, notamment à cause des divergences entre LFI et la gauche plus modérée du Parti Socialiste.

Une alliance contre-productive ?

Par ailleurs, afin d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale, Ensemble pourrait être tenté par une alliance avec une partie du PS et une partie des Républicains. Cependant, contrairement aux années précédentes et avec le score assez important du PS, une politique plus à gauche pourrait être menée. Avec la fiscalité dans le viseur pour Axel Champeil. “La gauche et Ensemble pourraient avoir la tentation de toucher à la fiscalité. Et on a vu que la politique menée par l’ex-majorité présidentielle, même si c’était une économie pro-business, a quand même été génératrice de fort déficit qui ne sont pas tenables. Il pourrait donc y avoir l’excuse du basculement à gauche pour revoir la politique fiscale. Le risque concret principal, c’est un alourdissement de la fiscalité pour répondre à des problèmes réels de déficit. Alors que le problème majeur, c’est de s’attaquer aux dépenses. Or, si on s’attaque à la fiscalité sans toucher aux dépenses, en termes d’attractivité financière, ce n’est pas le meilleur cocktail.

Les marchés étrangers eux aussi très calme

Comme lors du premier tour la semaine dernière, les marchés financiers étrangers n’ont globalement pas été trop impactés par les résultats du second tour. À commencer par les Etats-Unis. “Comme au lendemain des élections européennes, les Etats-Unis sont complètement déconnectés de tout ça. Même au sein de l’Europe, les réactions ont été très franco-françaises. Le poids de la France au sein du Euro Stoxx fait qu’il y aura un impact sur l’indice, mais les autres marchés européens ne seront que très peu touchés pour le moment”, continue Axel Champeil. Et cela pour une raison assez précise : “Les marchés ne réagissent pas trop en raison d’une clémence vis-à-vis de la France en raison de son poids dans l’économie européenne. Les investisseurs permettent des choses à la France qu’ils ne pourraient pas permettre à des pays moins importants financièrement surtout sur des périodes de court terme.” Les marchés financiers vont donc rester à l’affût en attendant les nominations du prochain Premier ministre et celle de la composition du gouvernement.

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