L’arrivée du Web 3.0, pilier de la finance de demain

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Le monde de la finance est en train de changer. Cryptomonnaies, DeFi : ces nouveautés suivent les évolutions d’internet. Le web de demain dessinera la finance de demain, et les changements arrivent vite.

Les années à venir verront-elles l’avènement du « Web 3.0 » ? Cette nouvelle terminologie prend de plus en plus d’ampleur et semble être annonciatrice de changements en profondeur pour toutes les couches d’internet, y compris le monde de la finance. Pour anticiper ces transformations, il faut bien saisir ce qui se cache derrière ce nom. Dans une étude intitulée « Cryptoactifs : vers une révolution financière », KPMG analyse ces transformations à venir. Décryptage.

Un changement de paradigme à venir

Le Web 3.0 fait suite, assez logiquement, au Web 2.0. Conception ayant émergé à la fin des années 90, le Web 2.0 a servi de base au développement d’internet tel qu’on le connaît aujourd’hui. Bill Gates l’avait décrit simplement en 1996 : « Content is King » (le contenu est roi). C’est sur ce paradigme que se sont construites toutes les applications numériques modernes. De fait, le Web 2.0 se caractérise par l’avènement d’internet comme moyen de partage de contenus produits et animés par les internautes eux-mêmes. Les années 90 avaient posé les premières briques du web social et interactif : les blogs, les mails permettaient aux usagers d’échanger du contenu. De ces premières applications, nous sommes passés au streaming, aux réseaux sociaux, aux services de messagerie instantanée.

Inscrit dans un paradigme similaire d’échange de contenu, le Web 3.0 passerait par l’arrivée de nouveaux protocoles qui révolutionneraient le stockage et le partage des données, avec comme objectif de fournir un plus grand accès à l’information et une meilleure protection de la vie privée.

Décentraliser internet pour décentraliser la finance

Le web a pris un tournant fort il y a 25 ans et la forme qu’il présente aujourd’hui y est intimement liée. D’après les auteurs de l’étude KPMG, nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un virage similaire qui transformerait internet. Un nouveau paradigme, une nouvelle façon de concevoir les échanges numériques qui rebattrait les cartes. Véritable rupture dans la manière de valoriser internet, le Web 3.0 sera profitable aux utilisateurs en priorité et non plus aux entités centralisées. Intimement lié aux technologies basées sur la blockchain, le Web 3.0 va en effet de pair avec l’ère de la finance décentralisée (DeFi).

Aujourd’hui, internet est encore un territoire extrêmement centralisé, et son économie l’est également. Le marché des applications se réduit en majorité aux leaders du numérique que sont les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), et aucun géant du web n’a pu émerger depuis 2010. L’approbation de ces acteurs est nécessaire pour répertorier une application mobile, une solution numérique, un site internet. Pour accéder aux usagers du web, il est presque obligatoire de passer par l’un de ces acteurs. Le Web 3.0 implique de développer des technologies permettant de passer outre ces barrières et d’ouvrir à plus de concurrence et d’innovation. Fort heureusement, certaines existent déjà et n’attendent qu’une adoption globale.

De nouveaux protocoles qui changent la donne

L’un d’entre eux est le protocole IPFS (InterPlanetary File System). Il pourrait remplacer le protocole HTTP (Hypertext Transfer Protocol), véritable squelette de l’internet d’aujourd’hui. Le protocole HTTP fonctionne grâce à la localisation physique (serveur) du contenu recherché. L’IPFS veut remplacer cette méthode par un identifiant unique attribué à chaque donnée. L’échange de fichier se ferait alors en pair-à-pair, sans intermédiaire, sans risque de perdre l’accès aux données en cas de dysfonctionnement d’un système, ou de limitation d’accès délibérée. Une adoption large de ce protocole ouvrirait la voie vers un web incensurable, terreau idéal pour la croissance de la DeFi.

Un autre protocole clé réside dans le développement des NFT. Apparentés au cryptomonnaies et basés eux-aussi sur la blockchain, ils se différencient par la valeur qui leur est donnée. Chaque jeton NFT est indépendant des autres. Mais associé à un objet qui leur donne une valeur, ils prennent tout leur intérêt. Ce sont finalement des certificats d’authenticité et de propriété sécurisés et décentralisés basés sur la blockchain, et bénéficient des possibilités d’échange sans intermédiaire inhérentes à cette technologie. Les applications potentielles de cette technologie sont multiples et nombre sont encore probablement insoupçonnées.

Concrètement, le Web 3.0 constitue une évolution directe du Web 2.0. Le contenu échangé reste maître, le véritable changement résidant dans la volonté de transférer le contrôle vers les usagers et de réduire la mainmise des mastodontes du numérique. Ce virage implique des changements à tous les niveaux, le maître mot étant la décentralisation. Dans le sillon du rapport de KPMG, gageons que la finance de demain sera décentralisée, qu’elle s’appuiera sur ces nouveaux protocoles et cette volonté de simplifier les échanges en enlevant les intermédiaires.

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