L'open banking à la Société Générale, analysé par Aymeril Hoang

Le groupe Société Générale continue sa révolution culturelle, n’ayons pas peur des mots. L’objectif, c’est quoi ? C’est la différenciation, la recherche de rupture, la reconquête de nouveaux business. Donc, pour ça, il faut s’organiser. Retranscription de l’interview d’Aymeril Hoang, en charge de l’innovation du groupe à la Société Générale depuis trois ans.

 

Dunes, Plateau… Les lieux d’innovations au coeur de la stratégie de la Société Générale

Le plus gros évènement pour nous, ça a été l’ouverture des Dunes. Ce campus technologique à Val-de-Fontenay : 5000 personnes, en grande majorité, des équipes qui sont sur la transformation ou des équipes de développeurs. Une infrastructure horizontale, plus de bureaux fermés, plus de bureaux attribués, le même format de travail, quel que soit son statut : qu’on soit alternant ou DSI du groupe. Notre objectif était avant tout de créer un environnement qui vraiment favorise la créativité, la fluidité, les conversations.
On a aussi ouvert un tiers lieu d’innovation qui s’appelle « Le Plateau ». 1000 m2, 150 postes de travail qui hébergent des équipes Société Générale en mode startup ou des équipes qui travaillent sur des projets complexes, qui ont besoin d’une communauté de partage. On héberge aussi des startup, gratuitement, et pas que des fintechs ! On héberge des startups qui nous sont envoyées par nos partenaires de référence. Des communautés comme : MakeSense, OuiShare, Le Tank,  Liberté Living-Lab. Les fonds de capital-risque aussi nous envoient des startups.
Ce qui est intéressant, c’est les startups ne s’intéressent pas forcément à nous, mais on va, de manière très opportuniste voir ce que ça peut donner en termes d’apprentissage, d’ouverture, y compris bancaire.
Autre actualité, on a déployé à l’échelle des 150 000 personnesdu groupe, Startups Flow qui commercialise depuis septembre dernier un CRM pour les startups. Il permet aux collaborateurs lorsqu’ils rencontrent une startup, de regarder instantanément sur leurs smartphones ou leur poste de travail si le groupe est déjà en relation avec l’entreprise et si elle n’est pas en relation, de mettre les informations pertinentes.  Cet outil nous permet d’avoir un suivi de l’identification des startups, du pilote et jusqu’au déploiement de manière totalement transparente à l’échelle du groupe.

Des équipes implantées à travers le monde

On a des équipes Innovation qui se sont structurées ailleurs qu’en France. Une équipe appelée « Der Link » s’est lancée à Berlin, à ZE Factory ; elle vise à permettre au groupe de travailler avec des startups allemandes à fort potentiel à l’instar des Solaris, Mambu, N26…
On a aussi lancé une équipe à Londres, une équipe à Shanghai, à Madrid, un lab à Tunis, bientôt un lab à Casablanca en plus de notre lab à Dakar, une petite équipe à New York. À chaque fois, c’est de toutes petites équipes, très agiles, qui se concentrent sur la connaissance de l’écosystème local, l’identification de startups intéressantes, les relations avec des fonds… Et tout ça doit vraiment venir nourrir le besoin de sourcing de toutes les business units du groupe.
Nous sommes aussi en train de travailler sur un incubateur fintech à La Défense. Il sera lancé en fin d’année en 2017 et qui nous permettra d’accompagner des startups fintechs en phase d’amorçage jusqu’à des sociétés plus matures. Ça vient un petit peu pallier à l’arrêt il y a quelques années de l’incubateur fintech qui était hébergé au Palais Brongniart. C’est quelque chose qui nous tient à coeur et qu’on redémarre avec notre partenaire Paris & Co et le soutien des pouvoirs publics locaux de La Défense, des collectivités locales et de la préfecture des Hautes-Seine.
La reconquête de nouveaux business, c’est aussi pour nous, continuer à accélérer sur ce mode : « Bank as a plateform », open banking. Deux leviers. Le premier levier passe par le développement d’architectures ouvertes, des services interopérables, des appels à des services tiers quand ça fait sens. Et puis d’un point de vue infrastructure technologique, nous pensons les architectures de manière ouverte, en mode Lego. qui permet d’expérimenter, de construire beaucoup plus vite de nouveaux projets, de nouveaux services, de les tester, de les mettre sur le marché, de les débrancher si ça ne répond pas en réalité à un besoin, etc.


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