“Une grosse prise de conscience” : la finance solidaire en forte croissance

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Le 19 juin dernier, l’association FAIR publiait son rapport annuel sur l’évolution de la finance solidaire. Les résultats de 2023 sont en forte croissance par rapport à 2022. Mais comment expliquer cette hausse ? Réponse avec Imad Tabet, Directeur du marché des particuliers au sein du Crédit coopératif.

“Comment expliquer cette forte croissance de la finance solidaire en 2023 par rapport à 2022 ? ”

« Cette augmentation peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Le premier, c’est qu’il y a une prise de conscience qu’aujourd’hui le choix de la banque n’est pas neutre lorsque l’on décide d’ouvrir un compte, acheter une carte bancaire, ouvrir un livret. Surtout chez les jeunes qui désormais regardent de plus en plus quelles banques émettent le plus de CO2, lesquelles financent des grosses sociétés dans les énergies fossiles. Mais aussi parce qu’ils sont séduits par le fait de faire des dons à des associations via des produits d’épargne. »

« Le second facteur est le choix de son organisme bancaire. En effet, aujourd’hui selon une étude, 8% des Français considèrent que la banque idéale est celle qui propose des produits avec des dimensions sociales, environnementales. On pourrait se dire que 8% n’est pas un chiffre très important, mais ça reste supérieur au nombre d’épargnants solidaires en France. Il y a une vingtaine d’années, le marché de la finance solidaire était considéré comme un marché de niche. Aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas. Les normes sociales, environnementales, les politiques RSE, sont devenues quasiment un impératif pour toutes les entreprises. Même s’il existe encore beaucoup de greenwashings, il y a tout de même une prise de conscience générale qu’il faut se positionner stratégiquement sur le sujet. Avoir une démarche solidaire, c’est quelque chose aujourd’hui qui est beaucoup plus partagé qu’il y a une vingtaine d’années. On est passé d’un cercle de militants à un cercle de sympathisants bien plus large et qui s’accroît d’année en année. Je suis très optimiste, car depuis que je suis arrivée au Crédit coopératif en 2001, je vois vraiment une évolution tous les ans. »

« Le second facteur et celui-là, on ne pouvait pas le prévoir ça a été la pandémie en 2020. En effet, il y a eu une accélération depuis le Covid de la croissance de la finance solidaire de manière importante. Notamment grâce au travail des ONG comme Oxfam ou Les Amis de la Terre qui ont réussi à sensibiliser le public sur plusieurs aspects comme les habitats précaires, les personnes qui ne peuvent pas manger à leur faim. Le Covid a vraiment été un facteur déterminant. »

“Quels sont les freins qui empêchent la finance solidaire de se développer encore plus rapidement ?”

“La difficulté principale aujourd’hui dans le développement de la finance solidaire, c’est le manque de notoriété. Ce manque est d’ailleurs à la fois interne et externe. C’est-à-dire que même chez les conseillers bancaires, il y en a un certains nombres qui ont du mal ou qui ne connaissent pas très bien les produits de finance solidaire. »

« La deuxième difficulté concerne quant à elle, les dons. En effet, il existe et c’est normal, une forme de méfiance où on peut se demander si l’argent qu’on donne va vraiment aller là où on souhaite, est-ce que mon argent est bien investi. Surtout qu’aujourd’hui, les personnes qui font le choix de donner à une association ou une structure, sont plus attentives et exigeantes qu’auparavant sur le suivi de leur argent. C’est pour cela qu’avant de vouloir investir, faire des dons dans la finance solidaire, il faut bien se renseigner sur est-ce que le produit est labellisé par le label Finasol. Mais aussi il faut un travail de transparence de la part des organismes bancaires sur le suivi de cet argent. »

“Comment se place la France par rapport à ses voisins européens ?”

« La France se situe plutôt dans les pays les plus avancés en termes de finance solidaire. On peut même presque dire que c’est une spécificité française. En effet, dans les autres pays, on va plutôt parler de finance à impact. Et cet impact n’est pas forcément lié à un dispositif de dons comme cela peut être le cas en France avec les produits financiers que l’on connaît. Plus globalement en Europe, ce qui a le vent en poupe, ce sont surtout les fonds à impact. C’est notamment pour cette raison que FAIR élargit son périmètre dans les fonds à impact afin de rentrer dans un référentiel plus européen. Avec comme ambition de se rapprocher de structures équivalentes en Europe. »

“La mise en place de nouveaux produits exclusivement réservés à la finance solidaire serait-elle une chose intéressante ?”

« Actuellement, il y a un gros débat autour de l’assurance-vie. Car dans cette dernière, il y avait quelques produits de finance solidaire, mais pas énormément. Pour moi c’est le prochain terrain qui sera en première ligne étant donné que l’assurance-vie est le placement préféré des Français. Il y a donc un gros potentiel autour de l’assurance-vie. Mais mise à part ce point-là, je ne pense pas qu’il faille rajouter encore et encore des nouveaux produits. Il est plus important de faire connaître les produits déjà existants. Peu de gens savent qu’on peut partager une partie de ses intérêts à travers la plupart des produits bancaires et financiers avec un produit solidaire. Puis encourager cette démarche, en disant aux Français qu’effectivement, ils peuvent épargner, mais dans le même temps, financer des actions solidaires. Surtout que les produits financiers bénéficient également d’un avantage fiscal. »

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