Se former en continu à la nouvelle finance, avec Thi Hong Van Hoang

Ndlr : Tous les mois, le CFTE, plateforme globale d’apprentissage et d’innovation pour la finance 2.0 basée à Londres, nous partage un portrait d’un de ses Alumnis. Nous suivons le CFTE depuis leurs débuts et sommes ravis de leur donner la parole pour partager des regards de professionnels de terrains, qui se sont convertis à la nouvelle finance : plus digitale, plus inclusive, plus mondiale et en même temps plus proche.

CFTE parcourt le monde pour rencontrer ses alumnis. Nous voulions partager leur parcours de transformation en Finance digitale. Pour ce troisième épisode, nous vous proposons de rencontrer Thi Hang Van Hoang, diplômée du CFTE, qui est aujourd’hui Professeur associé en Finance chez Montpellier Business School.

Thi Hong Van HOANG est professeur associé en Finance à Montpellier Business School depuis 10 ans. Ses thèmes de recherche actuels portent sur la finance de marché, la finance d’entreprise et l’économie environnementale. Ses recherches ont été publiées dans des revues telles que Economic History Review, Energy Economics, Economic Modelling, International Review of Financial Analysis, et Economics Letters.
Elle a décidé de se perfectionner et, tout au long de l’année, a suivi nos cours en ligne, notamment le programme AI in Finance et Extrapreneurship. Elle a bien voulu partager avec nous ses idées sur la manière dont ses nouvelles connaissances l’ont guidé dans son parcours de transformation et lui ont permis de profiter des immenses opportunités offertes par la Fintech.

Quel est votre parcours ? Et quel est votre poste et mission actuelle ?

Mon parcours est académique. J’ai obtenu un doctorat en finance en 2010 à l’Université d’Orléans, dans le nord de la France. Mon poste actuel est professeur associé de finance à Montpellier Business School, dans le sud de la France. J’enseigne la finance d’entreprise et la finance de marché aux étudiants de deuxième année du programme Master. Ma deuxième mission consiste à réaliser et publier des articles de recherche dans des revues scientifiques.

Quel a été le tournant qui vous a donné envie d’évoluer ?

Je n’ai pas vraiment cherché à changer mes fonctions car j’ai de la chance d’exercer un métier très complet et très enrichissant. Ce métier d’enseignant-chercheur est, de mon point de vue, « complet » car il exige des compétences très variées, notamment la capacité à apprendre continuellement, la capacité à transmettre ses connaissances, la capacité à avoir des communications orales et écrites efficaces, et surtout ce métier offre la possibilité de rencontrer des étudiants et des professionnels de différents horizons. Tout cela est vraiment très riche en expériences et stimulations.

Qu’avez-vous le plus appris au cours de votre transition professionnelle (via CFTE et co.) En termes de compétences, de connaissances, de méthodes, etc. ?

En tant qu’enseignant-chercheur, nous devons nous mettre à jour constamment, notamment dans un monde qui évolue aussi rapidement avec de nouvelles technologies. Grâce aux formations proposées par CFTE (Foundation in FinTech, AI in Finance, and Extrapreneurship), j’ai pu mesurer à quel point les nouvelles technologies sont en train de changer les métiers du secteur financier, que ce soit dans la banque, dans l’assurance, ou dans la gestion d’actifs. Les compétences comportementales et la gestion des données deviennent de plus en plus importantes, à côté des compétences techniques. Cela me permet d’adapter ma méthode d’enseignement afin de développer ces compétences chez mes étudiants. Pour cela, nous allons encore plus loin avec le principe « learning by doing » à travers des études de cas, une compétition de gestion de portefeuille, la collecte et l’analyse des données réelles sur le terminal Bloomberg, etc. Les étudiants vont aussi développer leurs compétences comportementales à travers des travaux en groupe. De plus, l’accent est mis aussi sur le développement de la communication orale et écrite à travers des pitch et des rapports à remettre.

Au-delà de l’image médiatique populaire de la technologie financière, qu’est-ce que vous n’auriez jamais imaginé ?

Ce que je n’ai pas imaginé avant de suivre les cours du CFTE est peut-être l’importance des scientifiques et académiques dans le développement des FinTech. En effet, à travers des interviews des experts dans les cours du CFTE, j’ai pu voir que beaucoup d’académiques, en informatique, statistiques et économétrie, sont présents dans les FinTech. Cela est en effet très proche de ce que nous faisons dans la recherche académique en finance empirique, à savoir la collecte des données, les simulations économétriques, et l’interprétation des résultats. De plus, le programme « Extrapreneurship » du CFTE, plus orienté entreprenariat que les deux autres programmes, m’a aussi permis de travailler avec d’autres professionnels de la finance dans l’objectif de construire une stratégie de développement en Asie Pacifique pour une startup en RegTech qu’est Onfido. C’était une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de suivre ce programme. Ce que je n’ai pas imaginé avant est peut-être l’environnement ultra-compétitif et stimulant des FinTech et RegTech en Asie.

Quel est le meilleur conseil que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite changer de travail dans la finance et qui souhaite développer sa propre carrière ?

Je pense qu’il est nécessaire d’avoir la volonté d’apprendre continuellement, l’ouverture d’esprit afin de pouvoir identifier de nouvelles opportunités que l’on ne soupçonnait pas, et enfin la persévérance.

Question bonus : est-il plus difficile de vous former et de changer de travail dans le secteur de la finance, car cela nécessite des compétences techniques ?

Je ne le pense pas car les compétences techniques ne constituent qu’une partie de ce qu’il y a à faire. Je pense qu’il est nécessaire de savoir ce que la technologie permet de faire afin de mieux nous préparer aux métiers de demain pour lesquelles avoir seulement des compétences techniques ne suffisent pas. Par exemple, pour développer une nouvelle application utilisant l’intelligence artificielle, nous avons d’abord besoin des connaissances métiers afin de pourvoir paramétrer le codage et le mécanisme d’apprentissage de la machine. Je pense donc que les connaissances métier, la maîtrise et la gestion des données seront des compétences très importantes.


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