Big tech et technologies émergentes au cœur du Web Summit 2021

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Organisé chaque année à Lisbonne, le Web Summit est la grande messe internationale du Web. Professionnels de la tech se réunissent, à cette occasion, à l’Altice Arena pour échanger sur les différents enjeux liés au digital que ce soit dans les domaines sociétaux (médias, divertissement, sport, éducation… ) ou business (finance, paiement…). En 2021, l’événement, qui s’est déroulé du 1er au 4 novembre, a consacré une place non négligeable à la big tech ainsi qu’aux technologies émergentes, cryptoactifs et intelligence artificielle ayant notamment été le sujet de plusieurs débats.

« Intelligence artificielle, personnalisation, approche multiservices, développement d’interactions entre utilisateurs… Telles sont les pistes d’évolution pour Alexa dans les prochaines années ». C’est en ces termes que Tom Taylor, SVP, Amazon Alexa, a expliqué la stratégie d’Amazon, dans le cadre du Web Summit 2021 à Lisbonne. Proposer à Amazon l’une des premières sessions du Central Stage de l’événement international du Web et de la Tech n’a pas été un hasard : la big tech a largement été abordée pendant toute la durée de ce salon. 

Big tech et défis géopolitiques

Parmi les pistes d’évolution de ces mastodontes du digital : les technologies émergentes, perçues comme les atouts maîtres d’une nouvelle approche consommateur plus ergonomique et personnalisée, la diversification – le paiement étant d’ailleurs l’une des pistes privilégiées pour ces acteurs -, et le renforcement de l’approche customer centric qui fait l’essence même de cette typologie de sociétés. « Il est important de réguler les big techs et ces acteurs doivent faire eux-mêmes partie des discussions », ont indiqué plusieurs speakers, convaincus de l’importance de la big tech dans l’évolution du numérique à l’échelle internationale. Et de fait, la session « geopolitics and global tech », a confirmé l’importance de la géostratégie qui rythme désormais l’évolution du digital dans le monde. « L’intelligence artificielle et la data constituent des tendances internationales » qui deviennent des défis géopolitiques à l’échelle mondiale, attestent les professionnels de la tech. « La concurrence entre les valeurs économiques et politiques deviennent fortes », ajoutent-ils, citant l’exemple de la Chine dont « l’influence croissante » suscite de nombreuses réflexions. Quid de l’Europe dans ce nouveau paradigme ? 

La tech européenne en développement

« L’Europe doit conduire sa croissance économique et explorer ses capacités », attestent les intéressés. D’un point de vue plus pragmatique, l’Europe ne semble pas passive face aux initiatives des acteurs de la big tech. A l’instar des travaux entrepris par les instances européennes, les professionnels ont rappelé que « les exemples de Revolut ou encore Adyen démontrent bien que la tech européenne est en croissance ». Et d’expliquer : « la tech représente, en Europe, des millions d’emplois et des ressources talentueuses, d’autant plus que la crise sanitaire liée à la Covid-19 a transformé l’approche des professionnels de la tech à l’égard de l’Europe, qui n’est désormais plus considérée comme un musée historique géant mais comme une nouvelle Silicon Valley connectée aux défis mondiaux ». L’avenir étant désormais hybride, de nombreuses opportunités existent pour la tech en Europe qui est en passe de se développer sous l’effet des investissements et des talents. La place de la fintech et des paiements s’avère cruciale dans ces développements. Comme le démontrent les exemples Adyen et Revolut cités par les speakers, la finance et les paiements figurent parmi les verticales en croissance. Mais ce n’est pas tout. De nombreuses perspectives de développement caractérisent actuellement la fintech mondiale, en passe de franchir le cap du 3.0. Selon Zachary Perret, co-fondateur et CEO de Plaid, « la fintech peut représenter un partenaire idéal pour améliorer la confiance et la fidélité dans l’univers financier », en misant pour cela sur deux axes stratégiques, à savoir « les nouvelles technologies » et la réponse aux « aspirations des utilisateurs finaux », qui est de plus en plus importante avec la pandémie. Situation qui implique plusieurs exigences : l’importance de la pédagogie, en sachant que nouvelles générations et PME figurent parmi les segments clés de la transformation digitale des sociétés, et transparence et équité, devant s’appliquer à l’utilisation des nouvelles technologies comme l’IA et la data. Deux approches déjà intégrées dans la stratégie opérée par le Portugal avec le programme « Portugal Digital » dédié à la digitalisation de la société portugaise (cf. encadré).

« Les consommateurs, les entreprises et les pouvoirs publics sont les trois acteurs clés du programme Portugal Digital »

André de Aragão Azevedo, secrétaire d’Etat chargé de la transformation numérique rattaché au ministère de l’économie portugais, a présenté, dans le cadre du Web Summit 2021, le programme Portugal Digital développé par le gouvernement pour accompagner la transformation numérique de la société portugaise. « Le Portugal a été marqué, dans son histoire, par la création de liens entre les pays, les cultures et les populations, et envisage le digital comme une façon de poursuivre cette action », explique-t-il en introduction, ajoutant que « le digital est aussi perçu comme un atout pour le développement économique du pays, et pour la visibilité du Portugal à l’échelle internationale en tant que pays moderne et innovant ».

Partant de cette ambition, la volonté est de transformer le pays en un leader du digital selon une approche pragmatique qui n’omet pas l’impératif d’inclusion numérique. « Cela passe par l’intégration de toutes les parties prenantes du marché, secteur public comme secteur privé, et par la création d’une marque ». Parmi les acteurs clés de cette transformation numérique figurent les consommateurs, les entreprises et les pouvoirs publics, qui sont les piliers d’un plan d’action en trois parties :

  1. Formation et inclusion numérique (le digital tout au long de la vie des Portugais, digital et diversité, impact de la pandémie sur les business models…).
  2. La transformation numérique des entreprises (entrepreneurs et écosystème des start-ups, transformation numérique des PME et des entreprises, renforcement des relations entre monde de l’entreprise et monde académique, transfert des compétences techniques via des systèmes de hub et sandbox…).
  3. Digitalisation de l’administration publique (stratégie cloud validée en janvier 2021, amélioration des infrastructures et de la connectivité, certifications de la maturité digitale…).
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