Coronavirus : Les assurances sont-elles au rendez vous ?

La fédération française de l’assurance (FFA) s’engage à débloquer 200M€ pour alimenter le fonds de solidarité annoncé par Bruno Le Maire la semaine dernière.

Après plusieurs jours, le secteur de l’assurance montre enfin un engagement significatif de soutien aux entreprises face à la crise du Covid-19 et s’engage à débloquer 200M€ pour alimenter le fonds de solidarité aux entreprises.

L’État et les entreprises font pression sur les assurances afin qu’elles rentrent dans cette bataille économique. La FFA s’engage également à différer le paiement des loyers pour les PME et TPE dont le secteur est interrompue en application de l’arrêté du 15 mars 2020. 

De plus, par solidarité avec les personnes fragiles placées en arrêt de travail selon la procédure de dérogation de la sécurité sociale, les assureurs prendront en charge dans la limite de 21 jours d’arrêt de travail et dans les mêmes conditions qu’un arrêt de travail prescrit par un médecin les indemnités journalières au titres des contrats.

Ce qui est garantie par les assurances… et ce qui ne l’est pas ?

Perte exploitation sans dommage

Il n’existe pas aujourd’hui de solution assurantielle concernant les pertes financières associées à un événement qui n’est pas lié à des dommages matériels. Le périmètre est limité à des évènements non systémiques ce qui n’est pas le cas des épidémies et pandémies, pourquoi ? Car cela touche tous les secteurs y compris l’assurance qui s’en voit également impactée. 

Aujourd’hui 70% des entreprises n’ont souscrit qu’à une garantie en cas de perte d’exploitation lié à des dommages matériels, hors le coronavirus n’en fait aucun, ces entreprises sont en déficit de couverture face à cette crise.

30% des entreprises restantes qui ont « anticipé »  un cas potentiel de perte d’exploitation sans dommage matériel ne sont pour autant pas garantie d’une couverture. En effet seulement 40% des contrats garantissant ce type de perte inclut les épidémies / pandémies.

De plus même avec la présence de cette clause ce n’est pas gagné car elle est souvent limitée à certaines maladies. Peu probable que le Covid-19 soit donc inscrit sur cette liste étant donné que cette maladie vient d’apparaître.

Difficile donc d’envisager une quelconque couverture, les assureurs boudent la perte d’exploitation sans dommage, pourtant l’État français essaye de faire pression sur les assureurs pour les impliquer d’avantage.

« L’Etat ne prendra pas en charge [NDLR La perte d’exploitation sans dommages]! » a martelé Bruno Le Maire le 17 mars.

Le 13 mars la confédération des PME lançait un appel à l’État et aux assureurs pour décréter un « état de catastrophe sanitaire » comme un complément à l’état de catastrophe naturel pour faire jouer leur assurance d’une perte d’exploitation.

Annulation d’événement

À ce niveau, les possibilités sont encourageantes, sur les contrats français si la garantie d’annulation d’événement a été souscrite avant la reconnaissance du coronavirus comme pandémie dans le cadre d’une urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS, soit avant le 30 Janvier 2020, elle sera acquise et mise en oeuvre.

L’épidémie est couverte par l’assurance annulation lorsqu’il y a une décision administrative qui empêche l’événement. Attention tout de même, si l’évènement a été annulé par l’organisateur pour cause du Covid-19 il ne sera potentiellement pas couvert sans accord préalable de son assureur.

Gras Savoye annonçait ne pas avoir d’inquiétude particulière sur les engagements des assureurs à ce niveau, environ 100M€ ont déjà été engagés sur l’annulation d’évènements où la garantie contre le Covid-19 été acquise.

Vers une perte de confiance ?

Malheureusement tous les acteurs du secteur ne sont pas couvert. Si tous les gros événements français le sont, les salons ou plus petits événements ne le sont que très rarement. De plus on observe une perte de confiance envers les assureurs, il semblerait que certains assureurs auraient renégocié certaines clauses de garanties en indiquant le Covid-19 comme une aggravation de risque selon le code des assurances, les autorisants de ce fait à revoir les conditions et n’accordant pas la garantie au client.

Revenu Garanti / Assurance travail

Attention être placé en quarantaine à titre préventif sans être malade ne vous permet pas de bénéficier des garanties, une incapacité de travail suite à la maladie est pris en charge mais aujourd’hui encore trop peu de dépistage du virus est fait en France, comment savoir ? Le recours au chômage partiel par votre employeur en tant que salarié est également une option.

Assurance annulation

Pour les personnes qui ont souscrit à une assurance annulation standard dans le cadre de leur voyage, la prise en charge d’un remboursement dû au Covid-19 n’est pas valable. Parfois des contrats plus étendues sont possible mais cela va dépendre de l’avis du ministère des affaires étrangère. Si vous êtes tombé malade du coronavirus avant votre départ l’assurance annulation standard sera pris en compte.

Assurance assistance

Suite à la contraction du coronavirus lors du voyage, les frais médicaux sont couverts dans la limite du montant du contrat. Dans le cas où l’assuré est bloqué à l’étranger, les frais peuvent être compris chez certains assureurs dans les couvertures standard ou étendues, pareil pour le rapatriement.

Assurance hospitalisation

L’assurance hospitalisation peut varier d’un pays à l’autre, certaines assurances ne couvrent que dans la limite d’une liste établie. Si vous avez besoin d’être hospitalisé à l’étranger, vérifiez cette liste. Dans le cas contraire  le rapatriement peut être nécessaire.

Assurance vie

Dans la majorité des cas d’une assurance classique vous êtes couvert en cas de décès dû au coronavirus même si vous êtes dans une zone  dite à risque par le ministère des affaires étrangères. Il faut cependant vérifier si le rapatriement du corps lui est pris en charge.


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