Memo Bank (ex Margo) lève 20 M€ pour devenir le partenaire privilégié des PME

On la connaissait depuis 2017 sous le nom de code "TrustBK" puis, à partir de 2018 et l'annonce d'une première levée de 6,4M€, de "Margo".

Aujourd’hui, la startup co-fondée par Jean-Daniel Guyot, Michel Galibert et Tristan Pontet – tous trois anciens de Captain Train – annonce une levée de fonds de 20M€ et change une nouvelle fois de nom, pour devenir Memo Bank. Comment la startup française bâtie de zéro entend-elle s’imposer comme le partenaire bancaire privilégié des PME dans les années à venir ?

Dépoussiérer le marché des PME, en mêlant l’humain à la technologie

La France compte près de 140 000 PME, si on définit ces dernières comme des entreprises de 10 à 250 salariés générant entre 2 et 50 M€ de chiffre d’affaires annuel. D’après les chiffres de l’INSEE, les PME produisent 24% de la valeur ajoutée en France, alors même qu’elles ne comptent que pour 6% des entreprises.

Or, si les consommateurs ont vu fleurir les néobanques qui rivalisent d’offres attractives ces dernières années, les PME, elles, se trouvent délaissées par les acteurs bancaires. D’après Jean-Daniel Guyot, les banques traditionnelles auraient du mal à s’adresser aux PME – en leur proposant des « plateformes dématérialisées » plutôt que des interlocuteurs humains.

« On ne fait pas une banque digitale »

L’idée des trois anciens de Captain Train, racheté en 2016 par le concurrent anglais Trainline, est donc de bâtir de zéro les fondations d’une banque qui cible exclusivement les PME, en en repensant entièrement l’architecture technique. « C’est ainsi que Memo Bank a développé son propre Core Banking System, parfaitement adaptable aux nouveaux besoins clients, ce qui lui permet de se différencier des banques traditionnelles », dévoile Julien Creuzé, Managing Director chez BlackFin Tech et investisseur dans Memo Bank.

Et ce n’est pas tout : au début du mois de juin, Memo Bank a obtenu sa licence bancaire auprès de l’ACPR et de la Banque Centrale Européenne – « la première fois qu’une banque indépendante de tout établissement bancaire est créée en France depuis 50 ans !« , se réjouit l’investisseur.

Invité sur BFMTV en 2018, bien avant que la startup n’obtienne son agrément de nouvel établissement de crédit, Jean-Daniel Guyot confiait déjà son désir de ne pas faire qu’une « banque digitale« , mais de construire au contraire une « vraie banque avec de vrais chargés d’affaires« . L’objectif affiché par le serial entrepreneur ? « Multiplier par 4 le nombre de contacts avec les PME par rapport à ce que font les banques traditionnelles« .

Forte de la validation récente du projet par l’ACPR et la BCE, Memo Bank va proposer dès septembre deux produits aux PME : le compte courant collaboratif, qui leur permettra de gérer virements et prélèvements au quotidien, et une offre de crédit et de financement ultra rapide – la startup promettant le décaissement du crédit en moins de 7 jours.

Des investisseurs de renom soutiennent le projet

C’est le fonds de venture capital BlackFin qui mène la série A de 20 M€, aux côtés de Bpifrance et des investisseurs existants, Daphni et Founders Future. Outre les fonds d’investissement, les équipes de Memo Bank ont convaincu pas moins de 60 entrepreneurs de la French Tech, à l’instar de Xavier Niel, Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon ou encore Rachel Delacour.

Ainsi entourés, on ne peut que souhaiter aux anciens de Captain Train de réitérer l’exploit de bousculer un secteur aussi figé que le secteur bancaire…


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