La Fintech Jenji, incubée actuellement au Swave, a récemment fait parler d’elle avec une levée de fonds de 6 millions d’euros en septembre 2019. Pourtant, Jenji fait presque parti des premières générations de Fintech : née en 2015, la solution a désormais conquis une trentaine de pays. Nous avons pu échanger avec son cofondateur et CEO, Pierre Queinnec pour qu’il nous partage la vision de Jenji et ses ambitions.

Bonjour Pierre, pouvez-vous vous présenter ? Votre parcours ?

Je suis ingénieur de formation, j’ai co-fondé deux sociétés avant Jenji, un cabinet de conseil devenu ETI et un éditeur SaaS dans le domaine notarial. Et depuis 2015, je travaille sur la société que j’ai co-fondé à nouveau avec Nicolas André, mon associé: Jenji.

Jenji en une phrase ?

Jenji, c’est la note de frais réinventée pour les ETI et les grands comptes, qui conjugue aussi bien une expérience collaborateur instantanée et zéro papier qu’une chaîne de traitement complète et moderne jusqu’aux connexions natives aux ERP comptables, paie, SIRH, etc.

Comment avez-vous eu l’idée de lancer Jenji ?

Très simplement, j’ai été moi-même client des deux solutions qui se sont partagées le marché français. Nicolas et moi pensions que le sujet méritait mieux : une vraie approche mobile qualitative, la capacité de jeter les justificatifs papier en accord la législation locale, de l’intelligence artificielle pour permettre aux utilisateurs de prendre en photo leur justificatif et en 4 secondes d’avoir les informations extraites sans saisie. Mais aussi en back-office, pour rendre le traitement de gros volumes de dépenses simple et intuitif.

Quels sont les marchés cibles auxquels vous vous adressez ?

En termes de type de société, nous nous concentrons commercialement sur les ETI et grands comptes, même si nous avons une clientèle PME qui souscrit en ligne.

En termes de pays, nos clients sont aujourd’hui majoritairement en France, en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne et au Maroc. Mais nous avons déjà des clients dans plus de 30 pays.

Pierre Queinnec CEO et cofondateur Jenji
Pierre Queinnec, Jenji

Comment est structuré le modèle économique de l’application Jenji ?

Le modèle économique est un modèle SaaS qui permet de ne payer que pour l’usage réel, au travers du concept d’utilisateur actif. Un utilisateur n’est actif que s’il a déclaré des dépenses un mois donné. Cela évite les écueils des précédents modèles de facturation du marché, qui facturaient à la note de frais. Dans le modèle Jenji, vous ne pouvez pas être facturés plusieurs fois car vos utilisateurs ont fait plus d’une note de frais par mois.

Vous avez levé fin septembre 2019, 6 millions d’euros en série A : à quoi va servir cet investissement ?

Effectivement, nous avons annoncé notre série A de 6 millions d’euros avec Idinvest Partners, suivi par notre actionnaire historique Axeleo Capital. Cet investissement va nous permettre de continuer à nous structurer sur la partie commerciale et marketing, mais aussi ouvrir des bureaux locaux dans les pays dans lesquels nous avons déjà une belle clientèle, notamment la Suisse.

Quelles sont les 3 entreprises que vous admirez et les 3 startups que vous aimeriez à tout prix rencontrer ?

Question difficile ! Pour les startups que j’aimerais à tout prix rencontrer, aucune à ce stade. Pour les trois entreprises, ce qui me vient à l’esprit c’est chaque fois sur des points précis; je dirais Gore & Associates (la société qui fait notamment GORE-TEX) pour son mix d’innovations tangibles et un fonctionnement entreprise libérée; Patagonia pour la culture et la conservation de valeurs qui ont fait la marque tout en ayant un succès commercial; et enfin à plus grande taille, toutes les entreprises qui ont la culture de la promotion interne, à laquelle je crois beaucoup, et je vais citer deux groupes où j’ai pu le voir par le passé, PSA et Gaz de France (maintenant Engie).