Ndlr : Tous les mois, le CFTE, plateforme globale d’apprentissage et d’innovation pour la finance 2.0 basée à Londres, nous partage un portrait d’un de ses Alumnis. Nous suivons le CFTE depuis leurs débuts et sommes ravis de leur donner la parole pour partager des regards de professionnels de terrains, qui se sont convertis à la nouvelle finance : plus digitale, plus inclusive, plus mondiale et en même temps plus proche.

CFTE parcourt le monde pour rencontrer ses alumnis. Nous voulions partager leur parcours de transformation en Finance digitale. Pour ce premier épisode, nous vous proposons de rencontrer Céline Bourban, diplômée du CFTE, qui travaille aujourd’hui à la DBS Bank à Singapour, l’une des banques les plus innovantes au monde. 

Céline a plus de 10 ans d’expérience dans le secteur financier mais a estimé que son travail manquait d’une approche innovante, nécessaire dans un monde où la finance est en profonde transformation due à l’émergence de nouvelles technologies. Elle a donc décidé de se perfectionner et, tout au long de l’année, a suivi nos cours en ligne, notamment le programme Fintech Foundation, le programme AI in Finance et Extrapreneurship. Elle a bien voulu partager avec nous ses idées sur la manière dont ses nouvelles connaissances l’ont guidé dans son parcours de transformation et lui ont permis de profiter des immenses opportunités offertes par la Fintech.

Quel est votre parcours? Et quel est votre poste et mission actuelle?

Spécialisée dans le domaine financier, j’ai occupé divers métiers, passant du marché d’actions aux financements structurés, par l’asset management, à la gestion de portefeuille. Cela me permet aujourd’hui d’avoir une vision holistique de l’industrie dans son ensemble. Je travaille actuellement chez DBS comme conseillère sur leur plateforme de gestion de patrimoine. 

Mon métier vise à accompagner les investisseurs individuels à atteindre leurs objectifs financiers au travers d’une offre de produits d’investissement adaptée au profil de chacun. Ma clientèle se compose uniquement d’expatriés basés à l’étranger et à Singapour.

Quel a été le tournant qui vous a donné envie d’évoluer ?

Je dirais que la curiosité m’a toujours poussé à affiner et améliorer mes compétences, m’amenant de facto à participer à différentes formations. 

Dans le cadre de la gestion de portefeuille et transmission patrimoniale, un mot d’ordre revient souvent chez les singapouriens : “vous n’échapperez pas aux impôts ni à la mort” – et j’ajouterais que nous n’échapperons pas à la technologie !  L’intelligence artificielle est un concept qui date des années 50 mais son impact sur l’industrie financière a véritablement commencé il y a environ 5 ans. Plus qu’une menace, j’ai vu cela comme une extraordinaire opportunité de, non seulement faciliter le quotidien des professionnels mais surtout d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques. J’ai donc entrepris une formation avec l’institut CFTE.

Je travaille pour l’une des banques les plus avancées dans le domaine de la digitalisation et où l’état d’esprit tech est déjà indirectement entretenu au niveau de l’ensemble des employés. 

Bien que de nombreux aspects restent à améliorer, la numérisation est au cœur de notre activité et les métiers évolueront en conséquence.

De nouveaux métiers verront le jour mais il me paraît primordial d’être maître de sa propre formation et ne pas attendre d’être dépassé. A défaut de fuir la technologie, apprenons à vivre et avancer avec.

Céline Boulan

Qu’avez-vous appris le plus au cours de votre transition professionnelle (via CFTE et co.) En termes de compétences, de connaissances, de méthodes, etc. ?

Le processus de formation avec CFTE a été progressif et s’est achevé récemment avec un projet plus ambitieux entrepris fin 2018 : le programme Extrapreneurship. 

Il existe de nombreuses applications AI déjà opérationnelles, mais rien ne permet de prévoir avec certitude à quoi ressemblera l’industrie dans 20 ans. Il convient donc d’être flexible devant l’incertitude et c’est ce que le programme CFTE Extrapreneurship m’a permis de réaliser. 

Au cours de ce programme, j’ai été amenée à développer des compétences relatives à la gestion du temps et d’une équipe avec des contraintes importantes du fait que les participants sont géographiquement très éloignés. Il a fallu puiser des ressources importantes afin d’élaborer un projet sous 8 semaines avec un minimum d’informations et une liberté complète au niveau du cadre de travail. Le programme est difficile mais s’avère être très enrichissant pour quiconque,  disposé à gérer la pression sur ces 8 semaines de travail en équipe.

Au-delà de l’image médiatique populaire de la technologie financière, qu’est-ce que vous n’auriez jamais imaginé?

La passion et un sens aigu de l’esprit collaboratif : l’industrie Fintech regroupe à elle seule des professionnels désireux d’apporter des solutions innovantes pour l’entreprise et  l’experience clients. Il existe à ce titre un véritable sens de l’entraide et de l’échange d’informations.

Quel est le meilleur conseil que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite changer de travail dans la finance et qui souhaite développer sa propre carrière?

Il faut déjà rappeler que le métier exercé dans une industrie particulière n’est pas un contrat à long-terme, mais le reflet de ses compétences, aspirations et environnement économique à l’instant T. 

Tout évolue cependant et entrer aujourd’hui dans l’industrie financière nécessite des compétences qui n’étaient pas exigées il y 20 ans. La technologie fait partie intégrante du métier de la Finance et il est important d’acquérir les connaissances nécessaires. Non pas pour devenir codeur mais plus pour obtenir une vue holistique de l’industrie. 

Céline Boulan

Ce conseil s’adresse à tous mais plus particulièrement aux femmes car elles restent encore très minoritaires dans l’industrie Fintech. N’hésitez pas à pousser les portes, développer votre réseau et prendre en mains votre propre formation afin d’avancer dans votre carrière. 

Question bonus: est-il plus difficile de vous former et de changer de travail dans le secteur de la finance, car cela nécessite des compétences techniques?

Toute formation est difficile si vous n’avez pas la curiosité et l’intérêt suffisant pour le sujet. 

Des compétences techniques sont évidemment requises pour certains postes mais beaucoup d’autres requièrent des compétences générales et notamment des soft skills qui sont tout simplement des qualités humaines et relationnelles : relation clients, gestion d’équipe, capacité d’adaptation, leadership, etc. Le marché de l’emploi évolue et on sent une ouverture de plus en plus importante sur les profils hybrides, c’est-à-dire des personnes qui disposent d’une palette de compétences acquises au travers de leurs précédentes expériences et transférables. Changer de métier est donc possible et presque souhaitable. À chacun ensuite de préparer au mieux ces changements et se former en conséquence. 


© Crédits : CFTE
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