« Fintech ? Ça veut dire quoi ? » Demandez à vos proches. Immanquablement, ils vous regarderont d’un drôle air, interrogatif au mieux, ne sachant pas bien s’il ne vaut pas mieux vous prendre directement rendez-vous chez un médecin spécialisé que de vous arracher une définition qui risquerait d’aggraver votre cas.

Inconnue aux yeux du grand public, la Fintech est pourtant un secteur qui draine des investissements en forte progression (plus de $87,5M d’investissements en 2015 contre $21M en 2014). Si les banques n’ont pris que tardivement la mesure du phénomène, elles cherchent désormais à collaborer étroitement avec ces start-up et scrutent de près leur prise de position sur le marché de la finance digitalisée.

Dans un effort pédagogique à saluer, Bpifrance Le Lab, un laboratoire d’idées lancé en mars 2014 par la Banque public d’investissement pour « faire le pont » entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise, s’est penché sur la question et sort ces jours-ci un rapport d’étude complet, « Disrupter la banque pour la sauver ».

L’étude s’appuie sur de nombreux entretiens avec des acteurs de l’écosystème Fintech (start-up, banques, investisseurs, journalistes) pour comprendre comment le numérique est en train de bouleverser le secteur financier.

Cela ne fait aucun doute, pour la Bpi, « le secteur financier est à l’aube de mutations profondes auxquelles de nombreux acteurs entendent participer (géants du web, grande distribution, télécoms) et en première ligne, les banques. Pour rester dans la course, les banques n’auront d’autre choix que de collaborer avec les Fintech pour réinventer leur business model. »

De quoi parle-t-on au juste ?
Les Fintech, ainsi que les définit la BPI, « sont des entreprises qui s’appuient sur les technologies numériques pour proposer des services financiers aux particuliers (B2C) comme aux entreprises (B2B) et aux banques elles-mêmes.
Rares sont les activités bancaires qui n’ont pas été touchées par ce phénomène. À chaque service bancaire, sa Fintech ! Mais ces entreprises sont également présentes aux côtés des banques pour les assister dans leur transformation numérique. »

Bpifrance Le Lab classe les Fintech en cinq catégories :

Les services de paiement
Sur ce marché sans doute le plus investi par les Fintechs, les initiatives se démultiplient car pour payer, le client a un choix toujours plus grand. Paiement mobile, solutions de collectes de l’argent et de paiement en ligne, fournisseurs de terminaux de paiement… Partout, les Fintechs réinventent l’acte de payer et s’adaptent à de nouveaux contextes d’achat.

Les services centrés sur le Big Data
Gestion de la relation client, cybersécurité, outils de scoring, de plus en plus de start-up développent des solutions à destination du secteur financier. Collecter, analyser ces très grandes masses de données… En un mot, les faire enfin parler.

Les services bancaires 2.0
Comptes sans agence, agrégateurs de compte et outils de gestion budgétaire, les start up de la Fintech construisent dès aujourd’hui la banque digitalisée du futur.

Les services de financement et d’investissement
Parmi ces derniers, un phénomène qui a le vent en poupe (en mai, The DAO a levé quelque 150 millions de dollars / Lire l’article de FinTechMag) et sans doute le plus médiatisé des nouveaux services financiers, le crowfunding réinvente collectivement le financement avec le crowdequity, le crowdlending, le prêt au particulier et le don.
Pour capter et valoriser l’épargne des particuliers, il faut aussi compter sur les robo-advisors qui digitalisent les conseils en investissement des institutions financières et démocratisent la gestion d’actifs.

Les outils de gestion
Sur ce segment, les Fintech offrent des solutions pour faciliter la gestion de trésorerie ou les processus internes aux entreprises. Les Blocktech, par exemple, développent des solutions Blockchain (c’est quoi ?) et travaillent à la mise en place à grande échelle de cette technologie. Automatiser, simplifier, fluidifier, elles créent les outils qui facilitent et optimisent la gestion au quotidien.

Plus qu’un danger, une opportunité pour les banques ?
Apparues à l’aube du troisième millénaire, les Fintech 1.0 n’ont pas réussi à percer à l’époque en raison de business models fragiles, d’un public peu réceptif et du manque de maturité technologique. La stratégie des banques était simple : laisser faire et acquérir. Cette stratégie attentiste n’est plus de mise.

Les Fintech 2.0 sont 
aujourd’hui portées par un contexte
 plus favorable.
 Le numérique et le smartphone transforment les usages et les besoins. Sans compter que l’internet haut débit démultiplie les possibilités de traitement de l’information.

Dans un monde où la richesse première est la donnée, les géants du web, de la grande distribution et des télécoms deviennent de véritables concurrents pour les banques. Côté Fintech, ces géants constituent à la fois une opportunité et une menace : opportunité de nouveaux financements, menace d’une captation de leurs offres.

Au centre de l’échiquier, les Fintech, en apportant aux banques des offres, des services et des technologies complémentaires, accompagnent ces dernières dans la transition digitale et deviennent des partenaires privilégiés pour consolider leur position sur un marché en pleine « uberisation ».

Lire l’étude

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