L’investissement en venture capital est aujourd’hui, en France, en pleine mutation. Du fait d’une explosion du nombre de création d’entreprises, mais également de fonds et de liquidités sur le marché, non seulement le profil des investisseurs a changé, mais également leurs attentes, comme celles des entrepreneurs qu’ils accompagnent. Venant d’horizons plus variés et misant davantage sur la quête de sens, l’impact réel de leurs investissements et l’aventure humaine, ces nouveaux BA révolutionnent le VC traditionnel. Charles Degand, co-fondateur d’Angelsquare, revient sur les principaux symptômes de cette transformation et leurs conséquences sur le financement de l’écosystème startup français. 

Un marché en pleine mutation !

A mi-chemin entre l’entrepreneuriat et la finance, et davantage basée sur des critères subjectifs en marge de l’obsession chiffrée de la finance de marché traditionnelle, l’investissement dans les startups constitue une démarche d’investissement bien spécifique. Et aujourd’hui plus encore qu’hier, notamment du fait de la mutation actuelle de ce marché, portée par deux phénomènes importants : d’un côté les produits financiers traditionnels (notamment les obligations d’Etat) se montrent de moins en moins attractifs ; et de l’autre, une nouvelle philosophie d’investissement tournée vers la quête de sens voit le jour. Cette philosophie est essentiellement animée par une nouvelle génération d’investisseurs se développant avec force ces dernières années, aux côtés des fonds et des Business Angels traditionnels, dans le financement de l’amorçage. 

La multiplicité comme l’atypisme de certains de ces nouveaux profils d’investisseurs donnent à voir une appétence de plus en plus forte pour le financement d’entreprises innovantes, encourageante pour l’avenir de l’écosystème des startups françaises tout entier. 

Des nouveaux profils d’investisseurs…

Parmi eux, l’on trouve ainsi : 

  • La nouvelle génération : Si l’on connaît déjà nombre d’entrepreneurs à succès investissant par la suite dans la création entrepreneuriale, une toute autre catégorie de “jeunes” BA a vu le jour ces dernières années : traders, banquiers, avocats, consultants… Leurs points communs néanmoins ? La jeunesse, le pouvoir d’achat, mais aussi et surtout un intérêt instinctif pour l’univers des startups. Et pour cause, « Digital native » et par ailleurs peu éduqués à l’investissement en bourse, ils sont plus naturellement enclins à prendre des risques, même via des tickets d’investissement moindres, pour soutenir des projets concrets, et les hommes et femmes qui les portent.  
  • Les « stars » : Issus du monde du divertissement ou du sport, et disposant d’une capacité d’investissement importante du fait de leurs succès, ces Business Angels d’un nouveau genre révèlent une évolution aussi criante qu’excitante du financement en amorçage, qui se veut désormais ouvert à un public peu expert, si ce n’est clairement profane ! Bien qu’encore peu massif en France, le phénomène est déjà très bien implanté Outre-Atlantique, où nombre de vedettes issues du sport, comme de la chanson ou du cinéma, investissent depuis plusieurs années déjà dans les jeunes pousses prometteuses de la tech, et pour certains via leur propre fonds de capital risque !
  • Les Family Offices : si la structure n’a rien de neuf, il est intéressant de remarquer une tendance forte de ces organisations, reposant sur des fortunes familiales solides et fortement implantées dans un territoire, à se tourner vers l’investissement en startup. Et pourtant ! Issus pour bonne part de secteurs économiques plus « traditionnels » (de l’assurance à la plomberie en passant par le prêt-à-porter), ils sont historiquement éloignés du digital et de toutes les innovations qu’il peut porter. Un soutien résonnant comme un écho à leur propre histoire entrepreneuriale…

A n’en pas douter, de nombreux autres profils devraient fleurir encore, ces prochaines années, portés par une démocratisation et une simplification de l’accès à l’investissement en startup. Mais aussi et surtout portés par cette philosophie d’investissement, faisant la part belle au soutien d’une aventure humaine et à sa capacité à impacter directement et durablement l’économie réelle.