“Nous voulons faciliter l’accès à l’épargne haute performance” Samy Ouardini, Ramify

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Avec l’objectif annoncé de “réinventer la gestion de patrimoine”, Ramify débarque sur le marché avec des solutions entièrement digitalisées et la promesse d’une expertise financière et de programmes personnalisés. Rencontre avec l’un de ses fondateurs, Samy Ouardini.

Bonjour Samy ! Pour commencer, pourriez-vous vous présenter, et raconter comment vous en êtes arrivé à créer Ramify ?

Je m’appelle Samy Ouardini et j’ai cofondé Ramify avec mon ami et ancien camarade de promotion, Olivier Herbout. J’ai grandi au Maroc et j’ai rejoint la France après le bac, pour poursuivre mes études en école d’ingénieur. Très rapidement, je me suis aperçu que j’étais attiré par le monde de la finance. Après plusieurs stages, j’ai réalisé que ce qui m’intéressait dans la finance était l’industrie et ses acteurs bien plus que le métier lui-même. J’ai donc intégré le cabinet de conseil Oliver Wyman, spécialisé dans les services financiers, pour accompagner des grands comptes dans leur stratégie de digitalisation. J’ai pu observer la lenteur avec laquelle les grands acteurs évoluent. De son côté, Olivier a suivi une trajectoire plus opérationnelle, mais à bien des égards complémentaire à la mienne. Chez Goldman Sachs à New York, il s’occupait de mettre en place des stratégies d’investissement à destination de clients fortunés. En renouant contact pendant le confinement, nous nous sommes aperçus de certaines similitudes, notamment dans notre envie de démocratiser l’élaboration des stratégies d’investissement. Après avoir démissionné, nous nous sommes rapidement projetés dans Ramify. L’idée de Ramify est de créer la couche d’intelligence, à travers la simulation et la comparaison, pour faciliter l’accès à l’épargne haute performance. Ce qu’on veut faire, c’est recréer l’expérience CGP mais de manière autonome avec les bons outils. Dans un premier temps, nous ciblons prioritairement les jeunes cadres, hautement imposés, et les professions libérales.

Ce ciblage restreint ne va-t-il pas à l’encontre de votre promesse de rendre la gestion de patrimoine accessible à un plus grand nombre ?

Chez Ramify, nous sommes persuadés que comprendre la fiscalité n’est pas l’apanage des riches. Chacun doit prendre en compte la fiscalité, quel que soit son niveau de revenu ou de patrimoine. Pour autant, nous adoptons dans un premier temps la vision réaliste qu’on retrouve dans l’asset management : un client à un million vaut deux mille clients à 500€. Pour commencer, nous avons donc décidé de viser ces clients-là – dans le but d’acquérir une assise financière et une légitimité auprès des fonds d’investissement. Mais aussi pour bâtir une image de marque solide et synonyme de confiance pour nos clients. Voilà pourquoi nous ciblons dans un premier temps une persona relativement fortunée pour ensuite élargir notre gamme à des solutions plus accessibles qui touchent une population plus étendue.

Comment comptez-vous instaurer ce climat de confiance que les épargnants viennent habituellement chercher chez leur conseiller en gestion de patrimoine ?

De deux façons : l’une a trait au digital, l’autre à l’humain. Nous voulons d’abord créer une image de confiance, qui contraste avec ce que l’on a vu jusqu’à présent dans l’univers fintech français/européen. La majorité des fintechs qui proposent des solutions de placement en ligne ont principalement innové via la communication et le marketing. Ce qu’on fait chez Ramify, c’est communiquer sur notre expertise, notamment via la mise en ligne de simulateurs. Nous sommes d’ailleurs les seuls à avoir rendu disponible gratuitement certains d’entre eux, comme celui sur la retraite. Nous souhaitons montrer qu’il y a de la R&D et une équipe derrière notre produit, qu’il y a une véritable expertise métier. Bien sûr, la relation humaine est primordiale passées certaines sommes. C’est pourquoi nous avons développé des offres différentes (“Premium” et “Black”), qui nous permettent d’élaborer des stratégies d’investissement sur-mesure pour certains clients, structurer une offre et leur apporter un véritable accompagnement.

Justement, parmi les personas que vous ciblez, n’existe-t-il pas une population férue de technologie et soucieuse de prendre en main ses placements financiers ? Quel type d’accompagnement êtes-vous en mesure de proposer à ce type d’utilisateurs ? 

Les clients très « alertes » représentent 2-3% du marché, ce n’est pas eux que l’on adresse. L’immense majorité des épargnants est constituée de gens qui n’ont pas le temps ou qui ne veulent pas s’embêter à étudier le marché. Ce sont ces clients, qui requièrent un certain accompagnement, que l’on cible. Pour eux, nous élaborons une stratégie globale d’investissement à moyen/long terme.

Un tel besoin d’accompagnement doit sans doute nécessiter de nombreuses ressources. Comment sont structurées vos équipes ?

En réalité, nous n’avons aucun chargé de clientèle. Nous sommes une équipe de 12 personnes, dont 9 sont des ingénieurs. Ce sont des développeurs, des gens à l’origine des stratégies d’investissement, qui font également beaucoup de recherche sur nos simulateurs ou même sur les nouveautés législatives ou fiscales. Olivier Herbout, Karim Kamoun et moi-même sommes présents auprès des clients, pour les accompagner et les aider à mettre en place un portefeuille personnalisé. Pour le moment, notre but est de prouver notre concept, et de le renforcer avec de l’automatisation.

En termes d’offres, comment vous différenciez-vous de vos concurrents digitaux ?

Certains de nos concurrents n’ont pas de contrôle sur les offres qu’ils proposent, ce sont des options d’investissement toutes prêtes qu’ils récupèrent et repackagent. Chez Ramify nous avons nos propres algorithmes qui permettent de créer des portefeuilles personnalisés. Conscients que nous ne sommes pas les seuls à fonctionner ainsi, cela reste à nos yeux le meilleur moyen de servir le client. On ne communique pas beaucoup dessus puisque cela existe déjà, mais cela nous permet de proposer une multitude d’enveloppes fiscales, avec de nombreux produits : assurance-vie, PER, SCPI, etc. En réalité, nos principaux concurrents sont les Conseillers en Gestion de Patrimoine traditionnels. Notre objectif, c’est de proposer une solution peu onéreuse, performante, et de devenir la référence dans le domaine de l’épargne haute performance.

En quoi consiste votre business model ?

Classiquement, nous prenons des frais de gestion. A l’inverse, on ne prend pas de rétrocommission. C’est un point clé pour nous. C’est une pratique opaque car souvent masquée aux yeux de l’utilisateur, qui commence à être interdite dans de nombreux pays. Pour les acteurs qui pratiquent ces rétrocommissions, les intérêts ne sont finalement pas alignés avec ceux du client. Nous souhaitons au contraire reproduire l’expérience de gestion de patrimoine la moins chère et la plus transparente possible. Chez Ramify, c’est 1% de frais de gestion tout compris. Pas de frais cachés. Un client qui dépose 1000€ chez nous  paie 10€ de frais, pas plus. Nous proposons le PER et l’assurance-vie en gestion pilotée les moins chers du marché.

Notre ambition est ensuite de pouvoir vendre beaucoup de services autour de ces placements. Du conseil, notamment fiscal, mais aussi l’exploration de nouveaux services d’investissement.

Proposez-vous des solutions d’investissement socialement responsable ?

A ce sujet, nous avons choisi de travailler avec Iroko, une des seules SCPI vertes, sans frais d’entrée. Cela nous permet de proposer des solutions d’investissement qui conviennent à nos utilisateurs. Mais ce n’est pas pour autant un argument à mettre en avant de notre côté. C’est très simple de faire des portefeuilles verts, puisqu’il existe des ETF verts. Nous avons d’ailleurs inclus ce critère dans notre parcours de souscription. Pendant le processus, le nouvel utilisateur aura à répondre à la question « voulez-vous avoir un portefeuille ESG ? ». Il a donc la possibilité d’avoir un portefeuille 100% vert. J’ajouterais qu’ il faut faire attention avec les critères ESG car ils sont très opaques. On retrouve parfois dans les portefeuilles « verts » des entreprises pétrochimiques, comme l’a montré Elise Lucet récemment. De mon point de vue, il faut se méfier des entreprises qui utilisent cet argument comme une différenciation marketing.

D’un point de vue marketing, que mettez-vous en avant vis-à-vis de vos utilisateurs ? 

Ma réponse passe par trois mots clés. Tout d’abord, l’expertise. On veut sortir de la logique « fintech = produit simple = pas d’expertise ». Chez Ramify, nous souhaitons proposer une véritable expertise autour de l’investissement, des portefeuilles d’actifs et de la fiscalité. Ensuite, la technologie et l’expérience utilisateur. Nous avons pour objectif de créer la plateforme la plus intuitive possible, que tout soit fluide et confortable à l’utilisation. Enfin, l’éducation financière. On peut s’éduquer financièrement à tous les niveaux, qu’on soit débutant ou pas. C’est quelque chose qui devrait être accessible à tout le monde.

Pour soutenir votre croissance, prévoyez-vous de lever des fonds dans le futur ?

Nous avons une levée de fonds prévue pour début 2022.

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