Le monde d’après ne se fera pas sans innovation

L’écosystème technologique français et européen construit pas à pas depuis la dernière crise de 2008 fourmille d’acteurs bien plus optimistes, résiliants et porteurs d’avenir qu’on ne le pense.

Aujourd’hui, plus que jamais, la recherche et développement ainsi que l’innovation sont les moteurs de notre économie de l’immatériel. Et les startups tout comme les entreprises technologiques feront de l’innovation responsable le coeur du monde d’après.

Les valeurs technologiques résistent mieux en bourse que la moyenne

Après avoir longtemps sous-estimées les retombées de l’épidémie du Covid-19 apparue fin 2019 en Chine, les places boursières constatent : ce mois de mars restera comme l’un des pires de l’histoire des bourses mondiales. Le cours du CAC 40 a perdu jusqu’à 40% de sa valeur entre son plus haut cours du 21 février et le cours le plus bas du mois de mars. Au cours de la même période et à l’image du reste du monde, les indices vedettes de la bourse de New York ont lourdement chuté : -30% pour les indices S&P 500 et le Dow Jones et -28% pour le Nasdaq 100.

Source : Etude « L’impact du confinement sur les startups françaises », Estimeo, avril 2020

Parmi les secteurs les plus touchés en bourse, on retrouve l’automobile, le transport maritime de marchandises, le transport aérien et le tourisme. Il est aujourd’hui difficile de faire un point précis sur tous les impacts causés par cette situation inédite.

La crise comporte néanmoins son lot d’opportunités : des laboratoires pharmaceutiques aux distributeurs de produits sanitaires en passant par les conserveries, certaines valeurs tirent leur épingle du jeu. Les entreprises du secteur de la santé en tête, comme le démontre en France l’explosion du cours de bourse de la biotech spécialisée dans le traitement des maladies cardiovasculaires et métaboliques associées ABIONYX Pharma (+192%) ou encore celui de la société pharmaceutique Medincell (+111%).

Source : Etude « L’impact du confinement sur les startups françaises », Estimeo, avril 2020

Au niveau macro-économique, l’innovation – qu’elle soit technologique ou médicale- semble visiblement moins touchée par la crise. Les valeurs technologiques se sont mieux comportées que les autres valeurs malgré un bêta élevé qui aurait dû favoriser leur volatilité. L’innovation semble être résiliente face à la tornade du 18 février, ce qui démontre à la fois son utilité et son potentiel futur. Il est à noter qu’Amazon tire fortement à la hausse l’indice GAFAM composé des géants du web Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft.

Un stress-test de résilience grandeur nature pour la « Startup Nation »

L’épidémie du Covid-19 a très rapidement ramené la « Startup Nation » à la dure réalité : le confinement de la population paralyse l’ensemble de l’économie y compris les investissements. En mars, les startups françaises ont levé seulement 177 millions d’euros, soit une baisse de 54% sur un mois (388 millions d’euros en février) et de 51% sur un an (364 millions en mars 2019). La chute est brutale avec 36 opérations menées contre 56 le mois précédent. Le capital, carburant de cette écosystème, n’est plus distribué. 

Cette chute des investissements n’est pas sans rappeler celles des deux dernières crises (2000/2001 et 2008) qui avait provoqué une baisse entre 21,6 et 29,3% des investissements mondiaux en capital-risque sur douze mois, selon les chiffres de Startup Genome. Et il a fallu un an (2007-2008) et trois ans (2000-2001) pour que les investissements mondiaux en capital-risque retrouvent leur niveau d’avant la contraction. 

L’écosystème French Tech saura-t-il être résilient ? Bien que durement touchées par la crise, ces jeunes pousses sont également totalement mobilisées pour éradiquer le virus et participent à la continuité de la vie économique. Et de rappeler que les nouvelles technologies sont loin d’avoir disparues de la vie des confinés : outils de visio-conférence, éducation et jeu en ligne, plateformes de livraison ou de streaming, … L’innovation est dans nos vies. L’économie de l’immatériel est bien une réalité.

Dès demain, pour reconstruire l’économie européenne, les startups seront au rendez-vous, avec des solutions locales, responsables et innovantes.


Suggestions d'articles