Lorsqu’ils ont fondé Breega, les trois cofondateurs avaient déjà en tête les écueils de leurs expériences de serial-entrepreneurs et business angels. Maximilien Bacot, Ben Marrel et François Paulus ont voulu un fonds pour les startups early stage qui ait un rôle d’accompagnateur non seulement financier mais aussi opérationnel. Une approche unique en France lors de la création du fonds de VC (Venture Capital) en 2013 et de ses premiers investissements en 2015, déjà plus ancrée dans les pratiques anglo-saxonnes.

Lorsqu’une startup commence à accélérer elle est sur tous les fronts : elle constitue son équipe, structure son déploiement commercial, communique à l’extérieur, etc. Mais elles n’ont pas forcément les moyens d’embaucher ou de trouver un prestataire pour toutes ses tâches en un claquement de doigts.” souligne Ben Marrel. 

Une équipe opérationnelle dédiée aux startups

L’époque de l’investisseur distant et intimidant est révolue. L’heure est à l’accompagnement, la compréhension des startups. Et comme levée de fonds rime souvent avec structuration, Breega a décidé de créer une équipe opérationnelle, entièrement dédiée au portefeuille de startups du fonds.

Constituée à ce jour de cinq profils tous experts de leur domaine, l’équipe opérationnelle fournit aux entrepreneurs: deux personnes sont par exemple consacrées aux ressources humaines, une aide précieuse sur des enjeux comme les grilles de salaire, la communication auprès des salariés ou la gestion d’une demande d’augmentation. A leur côté, une professionnelle de la communication et du marketing, un business developper et une avocate.

Comment cela fonctionne concrètement ? L’approche chez Breega se veut collaborative. Lorsqu’une nouvelle startup intègre son portefeuille, elle se réunit avec toute l’équipe opérationnelle du fonds pour identifier ensemble les besoins et planifier le niveau d’accompagnement. La répartition de la charge à déployer sur toutes les structures se fait naturellement. Le modèle a rapidement convaincu. Tant dans l’écosystème startups qui se passe le mot que chez d’autres VC, qui destinent de plus en plus d’équipes opérationnelles à leur portefeuille. 

Des anciens entrepreneurs avertis au risque

Si aujourd’hui, la plupart des VC proposent cet accompagnement sur des fonctions supports comme le marketing, les ressources humaines ou le juridique, ils le font sous forme de prestations payantes, gérées par des consultants externes. En consacrant une équipe internalisée, c’est l’assurance d’un accompagnement complet mais surtout d’un nouveau mode relationnel avec l’investisseur.

Ben Marrel nous confie une anecdote : “Breega a été l’investisseur des débuts de Foodchéri [Ndlr : acquis en 2018 par Sodexo]. Avec notre investissement, ils ont pu construire une première cuisine pour préparer tous les plats livrés. Un week-end, je reçois un appel du fondateur Patrick Asdaghi en panique. Il m’explique que leur cuisine a pris feu et qu’ils ne pouvaient plus assurer les commandes. J’étais la deuxième personne qu’il appelait, après sa femme. C’est justement parce que nous avons tous des profils d’entrepreneur chez Breega, que nous savons que ce genre de coup dur peut arriver. Contrairement aux profils purement financiers, nous avons l’habitude de gérer des problèmes inattendus et nous avons tout de suite sollicité nos réseaux pour aider Foodchéri à assurer son business.”

Article originellement publié dans le premier numéro du magazine Finance mag, à retrouver en version numérique.