Mi-2018, était officiellement lancé notre fonds de capital-risque, BlackFin Tech 1, avec l’annonce du bouclage d’une levée de fonds de 180 millions d’euros. Celle-ci nous permet aujourd’hui de participer activement au développement des écosystèmes Fintech et Insurtech européens. 

Ces fonds nous ont été confiés par des investisseurs institutionnels français, allemands, suisses et belges, qui partagent les convictions des fondateurs de BlackFin Capital Partners et de l’équipe d’investissement réunie au sein de BlackFin Tech. Cette première année d’investissement nous a permis de confirmer nos convictions de départ, tout en faisant émerger de nouvelles tendances.

1/ L’avenir de la Fintech et de l’Insurech s’écrit à l’échelle européenne. 

À la faveur de levées de fonds de plus en plus ambitieuses, les acteurs locaux sortent plus rapidement qu’avant de leurs marchés domestiques, pour adopter une approche européenne, voire mondiale. Les néobanques N26 et Revolut sont bien sûr les cas les plus emblématiques, mais les Français Alan et Qonto, pour ne citer qu’eux, sont prêts à leur emboîter le pas. 

L’harmonisation de la législation, avec l’entrée en vigueur progressive de la DSP2, va aussi dans le sens d’un marché européen des services financiers. De nouveaux leaders devraient émerger à cette occasion. Pour cette raison, nous avons conçu BlackFin Tech comme un fonds européen dès l’origine, en constituant une équipe d’investissement experte des différentes zones géographiques, qui peut s’appuyer sur un réseau de Venture Partners à travers le continent.

Nos premiers tours de table en sont l’illustration : Friss est basé aux Pays-Bas, Ravelin en Grande-Bretagne, Viabill au Danemark. À la faveur de leurs levées de fonds, ces entreprises ont entamé leur internationalisation… et elles voient même bien au-delà des frontières de l’Europe. Ces trois startups ont en effet chacune ouvert des bureaux de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, et même jusqu’au Chili, pour Friss.

2/ Dans une période où le capital est abondant, il faut élargir le terrain de chasse

Alors que le secteur des Fintech et de l’Insurtech a gagné en maturité, avec un nombre croissant de “méga-deals” (OakNorth avec 440 millions de dollars, Raisin, 110 millions, Deposit Solutions, 100 millions, Checkout, 230 millions…), la concurrence entre les fonds s’est accrue. La qualité se paye cher, avec des valorisations élevées. Cette situation nous incite à aller chercher des opportunités d’investissement partout et parfois plus tôt dans le cycle de développement des startups. 

Nous avons par exemple investi dans l’insurtech française Descartes Underwriting, seulement quelques mois après sa création : une prise de risque qui peut être perçue comme plus grande que pour des investissements dans des entreprises plus matures, mais compensée par le degré d’expertise de ses fondateurs sur le sujet de l’assurance paramétrique. Nous limitons ces investissements à des sociétés dont le « time to market » est court, typiquement des sociétés qui atteignent le stade de la Série A dans les 12 mois qui suivent notre prise de participation.

Les membres de l’équipe d’investissement ont aussi multiplié les présences dans des événements à travers l’Europe, en tant qu’intervenants ou simples participants. Techchill à Riga, South Summit à Madrid, ExecInsurtech à Cologne, Finovate à Londres, Fintech Stage à Milan, Paris Fintech Forum… chaque semaine, ou presque, quelqu’un de l’équipe participe à un événement de l’écosystème. 

Au passage, c’est un moyen de nouer des relations fortes avec les acteurs locaux : la connaissance des incubateurs, accélérateurs, hubs d’innovation et associations est incontournable. Innsomnia à Valence, Portugal Fintech au Portugal, Copenhagen Fintech au Danemark, Finnovista à Madrid, Fintech District à Milan, France Fintech et Finance Innovation en France… les interlocuteurs ne manquent pas !

3/ Les entrepreneurs ont besoin de bien plus que de capital

Pour un entrepreneur, l’apport d’un fonds d’investissement ne doit pas nécessairement se limiter à du cash sonnant et trébuchant… Sans être intrusifs dans le développement des startups, les investisseurs peuvent en effet s’avérer d’une aide précieuse : c’est sur cette conviction que nous avons conçu BlackFin Tech. 

Cette dimension d’accompagnement est d’autant plus déterminante dans un contexte où les entreprises les plus prometteuses ont désormais le choix de leurs investisseurs. Rien ne dit que lorsque les temps seront moins propices, les investisseurs “généralistes” qui se pressent aujourd’hui à la porte des Fintech seront toujours là… Entrepreneurs, assurez-vous de vous entourer de fonds qui s’engagent sur le long terme. 

Pour accompagner les membres de notre portefeuille, nous avons développé un réseau de Venture Partners à travers l’Europe. Cette quarantaine de spécialistes des services financiers sont d’anciens cadres de la banque, de l’assurance ou du paiement, qui nous accompagnent au quotidien et peuvent être mobilisés dans le cadre du développement des startups.

En outre, des connexions commencent à se créer entre les participations de BlackFin Capital Partners et les startups de BlackFin Tech. Par exemple, la technologie de Ravelin, spécialiste de la détection de fraude est désormais proposée aux clients de Buckaroo, une solution de paiement néerlandaise, dont BlackFin Capital Partners est propriétaire depuis 2017.

4/ Il reste encore énormément de domaines à explorer dans la Fintech / Insurtech

Avec la digitalisation, le paysage des services financiers est en pleine reconstitution. Ce mouvement est loin d’être achevé. Les acteurs établis souffrent et dépensent plus de temps et d’énergie à réduire leurs coûts qu’à innover. Au-delà des néobanques, il reste de nombreux domaines à explorer dans la fintech et dans l’insurtech.

Même dans les domaines qui ont déjà vécu plusieurs vagues d’innovation, il reste des places à prendre et des services à (ré)inventer. C’est le cas par exemple dans le paiement (ce que Viabill, avec sa solution de paiement, illustre bien), le courtage immobilier (allez tester l’expérience utilisateur de Pretto) ou l’épargne (regardez Epsor). 

En parallèle, de nouveaux champs sont encore à défricher : l’assurance paramétrique (thématique sur laquelle Descartes Underwriting est positionné), les outils et services pour les PME/ETI (comme Agicap), la proptech, l’assurance des cyber-risques, etc. C’est une certitude : les géants de 2040 ne sont pas encore nés !

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