La contre-attaque des banques espagnoles a un nom : Bizum

Face aux nouveaux entrants du paiement numérique comme Samsung Pay, Apple Pay ou encore Android Pay, les banques espagnoles ont préféré prendre les devants en créant Bizum, une plateforme spécialisée dans le paiement numérique.

Les banques espagnoles à la conquête du digital avec Bizum

Contre un ennemi commun, il faut unir ses forces. Au total, 29 banques espagnoles traditionnelles dont CaixaBank (22,9 % du capital), BBVA (15,9 %), Santander (15,9 %), Sabadell et Bankia, soit 96 % du marché se sont ralliées pour lancer une offensive de force contre les nouveaux acteurs du paiement par mobile. Et cela marche ! Depuis son démarrage en octobre 2016, Bizum a effectué 1,4 million de transactions pour un montant de 77 millions d’euros. Aujourd’hui, elle compte 630 000 utilisateurs, essentiellement des personnes entre 35 et 44 ans.
Pour l’heure, Bizum se limite aux petits paiements — d’un montant de 50 centimes à 500 euros — entre particuliers.
Le but ? Faciliter le paiement des dépenses quotidiennes et les petits virements entre amis : constituer une cagnotte commune, payer sa part au restaurant ou lors d’un voyage en commun…
« Le montant moyen des virements, 58 euros, prouve que nous sommes un bon outil pour gérer l’économie quotidienne« , explique Angel Nigorra, le président de Bizum.
La particularité de Bizum ? C’est un service innovant créé par les banques pour familiariser les clients avec le numérique et en même temps fidéliser ses clients adeptes du paiement par mobile. D’après Fernando de la Rica, vice-président de Bizum : « Ce n’est pas une application de plus à charger sur son téléphone, mais un service offert par les propres banques, auquel chaque client aura accès depuis le canal mobile de son entité ».

Comment ça marche dans le détail ?

Pour utiliser la plateforme de paiement numérique, il suffit d’activer son accès via le canal mobile de sa banque. En moins de 5 secondes, l’utilisateur peut faire un virement à un ami. Comment ? En cliquant sur l’onglet « envoi d’argent » puis en inscrivant le montant. Après, il ne lui reste plus qu’à choisir le nom du destinataire dans son répertoire puis de cliquer sur envoyer. « Ce sera aussi simple que d’utiliser Whatsapp » rassure Fernando de la Rica.
L’avantage ?
Toutes les informations sur l’utilisateur restent anonymes. Ni les coordonnées ni le numéro de carte de crédit de l’expéditeur ne sont révélés. Par ailleurs, il n’a pas besoin de connaître le numéro de compte du destinataire pour faire la transaction.
En effet, sur Bizum, c’est directement la banque qui s’occupe de toutes les formalités. Cette confidentialité reste l’un des principaux atouts de la plateforme de paiement numérique.

Les prochains défis pour Bizum

D’ici 5 ans, Bizum espère conquérir le cœur des tiers des Espagnols, soit près de 1 milliard d’opérations pour un montant de près de 30 milliards d’euros. (7 % du montant des transactions numériques du marché ibérique actuel, NDLR).
En attendant, la plateforme vise les 1 million d’utilisateurs d’ici la fin de l’année, et va étendre ses activités au paiement numérique des donations en faveur des ONG. Par ailleurs, elle compte simplifier le paiement sur les plateformes de vente en ligne. Plus tard, elle espère faciliter les transactions qui se font avec les autres plateformes de paiement numérique installées en Allemagne et dans les pays nordiques.
Les différents assauts des plateformes de paiement numérique ont eu raison des désaccords qui régnaient au sein des diverses institutions financières espagnoles. Avec Bizum, les acteurs traditionnels ont enfin pris les taureaux par les cornes, au grand plaisir des consommateurs.


Suggestions d'articles