Quel avenir pour le compte courant et le compte joint ?

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Le compte courant, et son pendant le compte joint, ouvert par 63 % des couples, constitue la colonne vertébrale du système bancaire français. Ce produit phare de la banque de détail, sur lequel dort 724 milliards d’euros de dépôts à vue, d’après les chiffres de la Banque de France, se trouve aujourd’hui coincé entre le marteau d’une rentabilité nulle et l’enclume d’une concurrence de nouveaux acteurs partis à la conquête de ce marché avec des comptes verts et sociétaux. Au-delà des interrogations sur les évolutions à apporter à ce ‘basique’ de l’offre bancaire, se pose la question de la viabilité du modèle économique de la banque de détail, de la rémunération des services associés au compte bancaire.

La pandémie de la Covid-19 a accentué les fragilités du modèle économique de la banque de détail. Le dernier confinement au printemps dernier, moins strict que les précédents, a alimenté le gonflement des dépôts : d’après la banque de France, ce sont plus de trente-sept milliards d’euros supplémentaires qui sont venus gonfler un solde déjà record, le portant à 744,2 milliards avec les comptes rémunérés. Seulement avec des taux négatifs, cet argent dormant plombe les comptes des banques, contraintes de les confier à la Banque Centrale européenne (BCE). Et de payer des droits de garde. Dans le même temps, la régulation comprime les marges de cette activité, en particulier avec le plafonnement des frais bancaires. Autre facteur de réduction des commissions ou revenus des banques, une concurrence exacerbée entre enseignes, en particulier d’acteurs en ligne, partis à la conquête des dépôts des particuliers à coup de services gratuits.

Des alternatives pour rentabiliser le compte bancaire

Selon certains, une alternative simple pour l’avenir du compte bancaire serait de facturer les services ou les dépôts de leurs titulaires. La seconde option séduit des réseaux allemands et danois. En France, le secteur scrute avec attention le modèle choisi par BNP Paribas : le conseiller payant en contrepartie d’une hausse de la qualité des prestations et services offerts. Les clients de la banque leader adhéreront-ils à cette proposition ? Si cette initiative rencontrait son public, d’autres enseignes pourraient lui emboîter le pas. Ce qui regonflerait leurs marges avant que les taux directeurs remontent à leur tour.

L’éthique et le vert s’invitent dans la banque de détail

A moins que l’éclaircie ne proviennent de produits plus éthiques distribués ou préparés par des réseaux traditionnels, des banques en ligne ou des fintech. Certaines filiales des Banques Populaires (BPCE), la fintech Manager.one et la Nouvelle Économie Fraternelle – une association devenue société financière, ou Helios, en partenariat avec SolarisBank conjuguent à leur manière banque de détail et développement ISR*. Leurs comptes courants, parfois gérés par des agences dédiées, s’adressent à des clients conscients de l’urgence à préserver l’environnement et à lutter contre le réchauffement climatique. Le tout, avec une promesse de fléchage des dépôts collectés vers des industries et des activités vertes et non locales, sélectionnées parfois avec des ONG. Et de rester à l’écart d’industries polluantes ou dangereuses pour l’homme. Ces initiatives peuvent séduire des clients réservés quant à l’éthique des banques. Mais ne résolvent pas ou peu la question cruciale de la viabilité économique d’un produit qui ne dégage que très peu de revenus pour son distributeur.

* Investissement Socialement Responsable 


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