Virginie Fauvel, CEO d’Harvest, un parcours d’excellence

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Pointure de la tech et de la finance, Virginie Fauvel prenait il y a un an la tête de Harvest avec l’ambition de faire du leader français de la gestion de patrimoine le champion européen du secteur. Un défi à la mesure de cette spécialiste de la transformation numérique, attachée à la notion d’équité autant qu’à l’excellence.

Difficile de dire ce qui, d’emblée, frappe le plus chez Virginie Fauvel, de sa bonne humeur ou de son dynamisme. Du sourire que l’on devine derrière le masque ou du concentré d’énergie qui s’en dégage. Toujours est-il que, de cet alliage qui la caractérise, la CEO de Harvest a fait une force ; le moteur au service d’une ambition qui, comme tout chez elle, ne connaît pas la demi-mesure.

« Être dans la moyenne ne m’intéresse pas, je veux qu’on soit dans les meilleurs. »

Suffit, pour s’en persuader, de regarder le parcours de cette figure de la tech et de la finance habituée de longue date à évoluer dans les cercles de pouvoir comme à y faire figure d’exception. Suffit, également, de l’entendre évoquer ses projets pour l’entreprise de gestion de patrimoine dont elle prenait la tête il y a tout juste un an et dont elle entend désormais, à coups de croissance organique rondement menée, mais aussi de rachats ciblés, faire le champion européen du secteur. Présomptueux ? Pas pour celle qui, depuis toujours, a le goût de l’excellence et les moyens de l’assumer.

Discipline

« Être dans la moyenne ne m’intéresse pas, reconnaît-elle ; je veux qu’on soit les meilleurs ». C’est dit. Mais ça ne suffit pas. Parce que chez Virginie Fauvel, l’ambition ne se limite pas à la performance. Elle passe également par le plaisir que, depuis l’enfance, elle associe au travail. Lorsque, entre deux bagarres avec les garçons à la récré, elle faisait des maths avec son grand-père ingénieur : des problèmes complexes mêlant trajectoire d’une mouche et vitesse de deux trains qui la fascinaient.

« J’adorais cet univers de chiffres, dans un monde incertain, c’est le seul espace où tout est absolument parfait, absolument cohérent. Pour moi, c’est d’une beauté incroyable. »

De celles qui vous donnent l’esprit d’analyse et le sens de la rigueur avant de vous pousser, quelques années plus tard, vers une prépa Math Sup, Math Spé et, de là, vers l’école des Mines. Un lieu idéal pour cette personnalité hors normes, infatigable dès lors qu’il s’agit d’apprendre et de comprendre qui, durant trois ans, va y nourrir son goût de l’esthétique et des « modèles prédictifs » tout en se forgeant une hygiène de vie sur-mesure : temps de sommeil non négociable, régime végétarien rigoureux et sport à haute dose. Certains y verraient de l’ascétisme, elle préfère parler de discipline. Celle, « pas si éloignée de la vie de sportif de haut niveau » qu’imposent, selon elle, les fonctions de dirigeant.

Courage et confiance

Cette discipline lui vient aussi d’une éducation stricte et de valeurs fortes inculquées dès l’enfance. Le goût du travail, d’abord, omniprésent dans cette famille au sein de laquelle « tout le monde travaillait et aimait ça », la rigueur et la droiture, « être à l’heure, tenir ses engagements, ne jamais mentir… » et, surtout, martelées par une maman féministe dans l’âme, ces valeurs de courage et de confiance en soi que Virginie Fauvel va, par la suite, ériger en véritable ligne de conduite. Alors qu’autour d’elle on parle ravages du plafond de verre et sexisme ordinaire, Virginie Fauvel va tracer sa route dans l’univers très masculin de la finance avec une détermination sans faille assortie d’une authentique joie de vivre. « J’ai grandi avec la certitude que j’avais les mêmes droits que les hommes et que je pouvais avoir les mêmes responsabilités et le même salaire, explique-t-elle. Cela m’a permis de choisir ma vie sans que rien, jamais, ne me soit imposé. Pouvoir choisir son chemin, ça rend heureux ». Surtout lorsque ce chemin vous mène, dès la sortie de l’école, d’un poste à responsabilité à un autre au sein d’un groupe tel que BNP Paribas.

« Ma mère nous a toujours dit, à ma sœur et moi, que nous ne devions avoir peur de rien. Elle nous répétait qu’en matière de liberté et d’ambition, il n’existait aucune différence entre les garçons et nous. »

D’abord chez Cetelem, où elle travaille sur la prévision du risque et apprend « le management et l’international », avant que sa rencontre avec François Villeroy de Galhau ne la propulse dans l’univers du digital, ce territoire nouveau dont, immédiatement, elle sent qu’il va « révolutionner l’industrie, l’économie, le monde… », puis au siège du groupe pour y prendre la direction de la banque en ligne, et de là créer HelloBank ! en l’espace de neuf mois. Un joli coup et, pour celle qui marche aux défis et redoute les zones de confort longue durée, le signal d’un nouveau départ. « Allianz m’avait approchée, ils me proposaient un poste au Comex – où aucune femme n’avait jamais siégé –, et voulaient que je transforme l’entreprise via le big data, le digital, le direct… Le défi était magnifique, cela faisait dix-sept ans que j’étais chez BNP Paribas, j’allais avoir quarante ans, c’était le moment ».

Comportements à risque

Elle lance HelloBank ! en juillet 2013 et part dans la foulée. Chez Allianz, elle redouble de vigilance. Le choix de la voiture de fonction, « d’un point de vue statutaire, le scooter n’était plus possible… », la place occupée à la table du Comex, le fait de résister à la tentation de se lever pour faire des cafés lors des réunions… tout compte, explique-t-elle.

Les familiarités que l’on en vient à tolérer comme être appelée par son prénom alors qu’à tout autre membre de la direction on donne du « Monsieur », le vocabulaire que l’on emploie et dont elle a banni les mots « peur, crainte, inquiétude… », ce champ lexical du doute qui sape la crédibilité et écorne l’image, tout comme les formes discrètes de paternalisme qui, de la main posée sur l’épaule aux formules de réassurance non sollicitées vous placent insidieusement en position d’infériorité.

« Quand on est au pouvoir et qu’on est une femme, qui plus est une femme d’un mètre soixante, tout a valeur de symbole. »

Autant de comportements à risque que Virginie Fauvel a appris très tôt à éradiquer pour imposer sa légitimité. Sans démonstration d’autorité surjouée, mais avec cette détermination souriante qui fait que rien ne lui résiste. Pas plus que la révolution digitale qu’elle va mener à bien chez Allianz, que son entrée, en 2018, au directoire d’Euler Hermes puis, deux ans plus tard, le défi Harvest ; celui que, de son propre aveu, elle ne pouvait refuser. « Le fait d’investir dans Harvest, pour moi qui rêvais depuis longtemps d’entrepreneuriat, changeait tout, raconte-t-elle. Et puis il y avait cette triple ambition : tech, croissance et international qui faisaient rêver… le projet cochait toutes les cases ».

Créer de la valeur

Même appréciation du côté des fondateurs, Jean-Michel Dupiot et Brice Pineau qui au printemps 2020 sollicitent Virginie Fauvel pour leur succéder. « Dès qu’on a vu son profil, on a su que c’était elle » confie ce dernier. « Elle avait tout : un parcours sans faille à la fois en matière de compétences techniques et de réseau, une personnalité ouverte chez qui on sentait une réelle compréhension des enjeux humains et techniques et une vraie envie de porter ce projet ». Celui de hisser Harvest au rang de champion européen de son secteur, en organisant sa croissance de manière à répondre aux exigences d’un marché où, rappelle l’intéressée, « l’effet de taille est déterminant ».

« La gestion de patrimoine étant soumise à beaucoup de régulations et l’enjeu de sécurité informatique représentant plusieurs millions d’euros d’investissements par an, on ne peut y être un petit acteur, explique-t-elle. D’où la nécessité d’accélérer la croissance en procédant à des acquisitions stratégiques ». Un objectif en voie d’être atteint avec un chiffre d’affaires annoncé à 52 millions d’euros pour la fin de l’année contre 31,9 millions à fin 2019 et deux rachats orchestrés en un temps record. « Avoir concrétisé ces opérations si rapidement est très impressionnant, reconnaît Brice Pineau. Cela témoigne d’une véritable capacité à faire, mais aussi à emmener. Virginie est au bureau la première, en part la dernière… son énergie est omniprésente ».

« Le fait que l’ensemble de notre technologie soit française est primordial, surtout alors que la crise sanitaire risque de se transformer en crise sociale. »

Tout comme son enthousiasme face à un projet qui, une fois encore, dépasse la simple performance financière. « Ce qui me passionne c’est l’idée de construire une société qui va créer de la valeur pour ses clients, mais aussi au niveau national », explique celle qui a fait du patriotisme économique un critère de croissance non négociable. Une véritable conviction que créer des emplois en France relève de la responsabilité du dirigeant qui, aujourd’hui, « ne peut penser uniquement en matière de rentabilité ». D’autant plus sur un secteur tel que celui de la gestion de patrimoine où, rappelle-t-elle, la donnée doit rester en France : « Question de souveraineté ». Tout comme les salariés doivent, elle en est persuadée, être heureux de venir travailler… Question de climat interne et donc de compétitivité et, pour celle qui dirige une entreprise il y a peu labélisée « best place to work », réel sujet de fierté.

Harvest moissonne les lauriers

Pour Harvest, 2021 aura été l’année de toutes les récompenses : outre les labels Best Place to Work et Best Workplace obtenus au printemps, l’entreprise dirigée par Virginie Fauvel a rejoint le Truffle 100 – l’indicateur de référence dans le domaine de l’édition de logiciels –, signé la Charte de la diversité, texte d’engagement proposé aux entreprises désireuses de s’engager plus avant que ne l’y oblige la loi dans la lutte menée contre tous types de discriminations, et a obtenu le Label Gestion de Fortune qui récompense l’investissement responsable. Un bon millésime donc pour l’entreprise de TechForFin qui revendique une politique RSE forte, fondée sur la notion de service apporté à ses clients, à ses salariés et à l’ensemble des parties prenantes, sur le respect de l’environnement, sur la transparence des règles (notamment en matière de conformité et d’anticorruption), sur la promotion des pratiques responsables à tous niveaux de l’activité, mais aussi sur le bien-être des salariés au travail. Un point-clé pour cette société qui se veut non seulement innovante, mais aussi « désirable et joyeuse ».

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