European Payments Initiative (EPI) : vers une nouvelle étape

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Le projet European Payments Initiative (EPI), lancé fin 2020 et soutenu par une trentaine de banques européennes, a connu fin novembre 2021 une nouvelle étape décisive. Le conseil d’administration d’EPI a donné, le 29 novembre 2021, son feu vert pour la création d’une société cible. Si certains éléments seront à affiner – modèles économiques, notamment – ce coup d’envoi matérialise une nouvelle étape décisive pour un projet visant à doter l’Europe d’un schéma de paiement couvrant aussi bien la carte de paiement que les outils nés du digital, comme le wallet.

L’initiative, qui s’inscrit dans le cadre de travaux sur le renforcement de la souveraineté européenne dans le domaine des paiements, implique la création d’un standard et d’une marque européenne permettant à la fois d’harmoniser les usages dans un marché encore relativement fragmenté et d’installer l’Europe des paiements comme structure à part entière dans un écosystème désormais globalisé. Lancée en juillet 2020 par un groupe de seize grandes banques européennes représentant cinq pays (Belgique, France, Allemagne, Pays-Bas et Espagne), l’initiative a depuis été complétée par deux pays (Finlande et Pologne). L’EPI compte à date 22 parties prenantes et 33 entités réunies au sein d’une société intérimaire. Parmi les nouveaux entrants du projet EPI figurent des acteurs de l’IT comme Worldline ou encore Nets, ainsi que des acteurs bancaires à l’image de Bank Polski ou encore de Banco Sabadell

« Passer à la vitesse supérieure »

Désormais amorcé, le projet devrait connaître une phase de conduite du changement à l’échelle européenne. « Nous allons sortir de la phase des études pour avancer vers la mise en place et l’implémentation en travaillant notamment sur l’architecture et les produits », indiquait ainsi Martina Weimert, CEO de l’interim company, lors du Forum CB 2021 organisé le 23 novembre 2021 à Paris. Objectif : « passer à la vitesse supérieure ». 

Concernant la couverture géographique, EPI est en discussion avec plusieurs acteurs en Europe, en sachant que certains suivent le projet sans pour autant avoir la volonté d’être moteur de l’initiative. L’Autriche et l’Italie figurent parmi les pays avec lesquels EPI est en discussion, sans oublier les pays baltes, les pays du Nord de l’Europe – qui ont pour particularité d’avoir déjà une solution commune – et certains pays d’Europe de l’Est. « EPI reposera sur deux piliers : la carte – qu’elle soit de débit, de crédit ou commerciale – et l’instant payment », précisait Martina Weimert dans le cadre du Forum CB 2021, ajoutant que le projet inclut également des services à valeur ajoutée, à commencer par « l’instant financing » qui sera la version européenne du BNPL (Buy Now Pay Later). « Il y aura un enrichissement en nouveaux services chaque année », selon l’intéressée. L’information, la communication ainsi que des travaux avec les commerçants sur l’acceptation figurent également au programme pour concrétiser ce projet dans les prochaines années. 

Favoriser l’innovation en Europe

Et de fait, l’objectif est aussi de favoriser l’innovation au sein de l’écosystème européen des paiements. « EPI est en relation avec certaines fintechs pour travailler sur le sujet des services à valeur ajoutée », indiquait ainsi Martina Weimert, lors de l’événement Fintech Révolution le 14 octobre 2021. « Il existe de réelles opportunités de collaboration », a-t-elle ajouté, précisant que le projet vise également à renforcer l’innovation dans les paiements et le digital en Europe, que ce soit dans le domaine de la R&D ou des nouvelles technologies. 

Ainsi, si l’Europe doit désormais avoir une approche plus pragmatique dans les domaines de l’innovation et du digital, celle-ci se fera difficilement sans les apports concrets et tangibles des acteurs de la fintech. Mais ce n’est pas tout. N’oublions pas que les acteurs de la régulation ont également un rôle décisif à jouer. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a ainsi manifesté lors de deux discours respectifs (Forum CB 2021 le 23 novembre 2021 et Journée de l’ACPR le 25 novembre 2021), son soutien au projet EPI et la nécessité « d’accélérer » dans ce domaine. Preuve que les prochains mois et les prochaines années seront décisives pour ce projet européen.

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