L’écosystème italien de la fintech est aujourd’hui arrivé à un stade de maturité, aussi bien au niveau des start-ups italiennes qu’européennes. Dans ce contexte, l’adoption de la sandbox, en juin 2019, apparaît comme une étape supplémentaire pour renforcer le dialogue entre nouveaux acteurs, pouvoirs publics et entités financières traditionnelles dans un contexte où les enjeux se veulent de plus en plus européens et géostratégiques.

« L’écosystème de la fintech est arrivé à un stade de maturité mais les opportunités sont encore nombreuses », selon Italia Fintech, qui espère que 2019 et 2020 seront des années décisives pour renforcer le poids de ce secteur. Rappelons ainsi que la fintech est un secteur en pleine croissance en Italie, notamment au sein du pôle économique de Milan avec 120 fintechs recensées. Le deuxième pôle fintech de la Péninsule italienne n’est autre que la capitale, Rome, très active en matière de wealthtech notamment en raison de la présence de clients fortunés. 

Milan et Rome, les deux pôles fintech de la Péninsule italienne

Soixante domaines d’activité sont recensés par Italia Fintech dans le domaine des services financiers innovants en Italie, parmi lesquels les paiements, la cybersécurité, le prêt, la gestion des dépenses, le crowdfunding, ou encore la regtech. Parmi les 300 fintechs enregistrées en Italie, 186 sont dédiées à la finance pure. Elles sont en outre 119 à traiter des sujets liés à la Tech comme la regtech, la cybersécurité, l’insurtech, etc. Le secteur des paiements est considéré dans ce marché comme un sujet à fort potentiel. Et pour cause, « les paiements digitaux connaissent en Italie une croissance deux fois plus rapide que la moyenne européenne », selon Italia Fintech.

Ce mouvement, qui se matérialise notamment par le développement du paiement électronique, devrait se poursuivre avec l’arrivée des nouvelles générations naturellement appétentes au smartphone et aux nouveaux usages ainsi qu’avec l’apparition de nouveaux modes de paiement, à l’image de l’instant payment, sans oublier la poursuite du développement du paiement par carte et de l’équipement en moyens de paiement électroniques des segments professionnels et entreprises.

Et de fait, rappelons que l’Italie a été l’un des pays où les banques se sont montrées très proactives à l’égard de l’instant payment, perçu comme une opportunité de séduire les nouvelles générations, naturellement appétentes aux innovations et aux usages découlant du smartphone, et d’accélérer l’équipement des professionnels et auto-entrepreneurs en solution digitale. Bémol : le modèle économique, perçu comme un frein dans un pays où les consommateurs se veulent encore très attachés au paiement en espèces. Néanmoins, l’appétence de l’Italie à l’égard d’une solution comme l’instant payment reflète bien que le pays est arrivé à un nouveau cycle en matière d’innovations et d’usages. Cycle qui sera sans conteste propice aux opportunités pour la fintech nationale, tournée vers l’avenir. 

Illustrations de cette nouvelle donne nationale, le développement de la pédagogie et l’information sur les services financiers innovants et la logique de collaboration de plus en plus prégnante entre nouveaux acteurs et entités financières historiques. Italia Fintech constitue ainsi un intervenant de plus en plus régulier dans les événements de Place, y compris ceux organisés par l’association bancaire italienne – comme le Forum Abi Lab 2019 -, gage d’une politique de co-création institutionnalisée au sein de cet écosystème national. Autre fait marquant, le regard de plus en plus européen d’Italia Fintech, association tournée vers une logique de collaboration avec ses homologues européens – comme l’Aefi Espagne, l’Afip Portugal ou encore Holland Fintech – pour la définition d’une réelle stratégie européenne en termes de brainstorming et de communication.

L’open banking, moteur de développement de l’écosystème fintech

Autre élément encourageant pour le développement du secteur italien de la fintech : l’open banking, si l’on en croit le souhait des banques de développer leur collaboration avec les nouveaux acteurs dans un horizon de trois à cinq ans. Dans ce contexte, l’adoption de la sandbox apparaît comme une nouvelle étape fondamentale pour la croissance de ce secteur. « Les régulateurs italiens ont déjà des relations avec les fintechs, et le dialogue entre les deux parties est fondamental. La sandbox permettra, dans ce contexte, de renforcer le niveau de coopération et d’incitation à l’innovation, y compris d’un point de vue réglementaire. En effet, rappelons que les réglementations du secteur financier ont été pensées à l’origine pour une réalité qui se trouve aujourd’hui modifiée », explique Italia Fintech. Partenaire de l’Association bancaire italienne (Associazione Bancaria Italiana – Abi), l’organisation souhaite œuvrer sur les défis réglementaires et business que les membres vivent au quotidien. Le dialogue constitue donc une valeur et un aspect fondamental de la croissance de l’écosystème du pays. 

Mais ce n’est pas tout. En tant qu’association représentative de la nouvelle économie, Italia Fintech espère que la réglementation dédiée à la fintech devienne de plus en plus européenne, favorisant la scalabilité des entreprises et garantissant aux citoyens de meilleurs services financiers au sein de l’UE. A cet effet, elle participe à la création de synergies avec d’autres associations, au niveau européen, afin de partager des best practices et de nouvelles opportunités.

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