France Fintech, Arkéa et Roland Berger viennent de dévoiler leur dernière étude sur la mixité dans la Fintech : « Mixité dans la Fintech : où sont les femmes ? Les propositions pour susciter des vocations plurielles« . A l’occasion, ils organisent un meet-up pour présenter les résultats de l’étude, en présence de Axelle Lemaire (Global Head of Terra Numerata, Roland Berger), Thierry Quesnel (Partner, Roland Berger), Anne-Laure Navéos (Managing Director, M&A Strategic Investments, Digital, Arkea), Alain Clot (Président France Fintech), Kristen Charvin (Déléguée générale, France Fintech) et d’autres entrepreneurs engagés.

Vous n’avez pas pu être de la partie, même si le sujet vous intéresse ? Vous avez peut-être vous-même contribué à l’étude ?

Nous vous présentons ici les grands résultats de l’état des lieux en avant-première.

Pas de surprise : les femmes restent peu représentées dans les Fintech

En France, pas de quoi se réjouir pour la Fintech :

  • 9% des fondateurs de Fintech sont des femmes
  • 12% des équipes dirigeantes sont composées de femmes
  • 33% des effectifs sont composées de femmes

En comparaison, aux Etats-Unis, ce n’est guère mieux :

  • 16% de fondateurs de startups (dont 2% dans les services financiers) sont des femmes
  • 2,5% ont des équipes de fondateurs exclusivement féminines

*Ian Hathawat, “The Ascent of Women-Founded Venture-Backed Startups in the United States”, Center for American Entrepreneurship,
February 2019

L’étude parle de la « double-peine » des femmes de la Fintech qui sont très peu représentées et donc visibles à la fois dans l’écosystème entrepreneurial, innovation, et dans le secteur de la finance.

L’étude parle de 3 biais à la source de cette sous-représentation des femmes :

  • l’éducation et les biais d’orientation
  • la représentation culturelle et sociétale des secteurs de la banque, de la finance et des technologies
  • l’auto-censure des femmes qui influencent leurs choix de carrière et le passage à l’entrepreneuriat

Une question d’éducation

Le rapport pointe des systèmes scolaires et éducatifs avec des filières scientifiques encore majoritairement masculines. Il prend l’exemple des profils ingénieurs où le nombre de femmes est en baisse.

Le nombre de femmes dans les formations ingénieurs est notamment loin d’une parfaite mixité.

En 2018, on comptait :

  • 15% de femmes à Polytechnique
  • 20% de femmes à Télécom Paris Tech
  • 19% de femmes à Central Supelec

*Source : Le Figaro ; Usine Nouvelle ; Roland Berger

On en reste donc à la prédestination culturelle ancrée des hommes pour les métiers et secteurs dits scientifiques et techniques. Alors que la majorité des fondateurs de Fintech (sur les 10 plus importantes levées de fonds en 2018) ont un profil ingénieur.

Un accès au financement limité

Si les femmes arrivent moins à faire financer leurs projets, l’obstacle est certain. Le montant des levées de fond restent encore plus faible chez les femmes que chez les hommes. En 2017, les femmes ont levé 142,5 millions d’euros (ce qui correspond à 7% du montant total des fonds alloués aux projets de créations d’entreprise Fintech).

Sur le 1er tour de financement, le rapport rappelle que le ticket moyen des levées est de 3,5 millions d’euros contre 6,9 millions pour les hommes, soit moitié moins pour les femmes (Baromètre StartHer-KPMG 2018 de l’entreprenariat Tech au féminin, 21 mars 2018).

De l’autre côté du miroir, sur les 10 fonds VC les plus investis dans les financements Fintech connus, on compte seulement 6% de femmes Partners (soit 5 femmes sur 78 au total). Le biais cognitif est donc un risque si la majorité des personnes à l’origine des financement sont des hommes.

Les réformes souhaitées pour un Agenda Femmes dans la Fintech

Education & formation

  • Féminiser les formations aux métiers du numérique
  • Définir des objectifs chiffrés pour des promesses tenues

Accès au financement

  • Encourager un effort vers plus de mixité au sein des événements, conférences et concours de pitch
  • Instaurer plus de mixité dans les fonds d’investissement et introduire le genre dans la doctrine d’investissement

Un environnement professionnel égalitaire

  • Lutter contre des écarts de salaires persistants (En 2018, le taux d’écart de salaire était encore à 9%)
  • Généraliser le congé paternité

Prévenir les biais cognitifs

De l’importance de la mixité dans les équipes : le rapport pointe du doigt un élément important sur la nécessaire mixité des équipes.

« La mixité des profils dans l’écosystème FinTech est d’autant plus importante que les métiers de la programmation informatique sont devenus stratégiques. Les algorithmes élaborés par des équipes quasi exclusivement masculines présenteraient des risques importants de biais cognitifs reproduisant préjugés et stéréotypes. Le danger que des machines auto-apprenantes reproduisent des biais cognitifs sexistes pourrait s’élever à mesure que la machine s’autonomise de son créateur.« 

Vous pouvez retrouver notre conversation croisée sur le sujet, entre Céline Lazorthes et Anaïs Raoux, en suivant ce lien.

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